Notre avis sur La Dolce Vita
Avantages
- Un vrai four à bois, le seul qu'on ait identifié à Tavira
- Le goût de braise et la note fumée qui vont avec
- Une des plus jolies places de la ville pour dîner dehors
- Un budget qui reste raisonnable sur un séjour entier
Inconvénients
- Des garnitures peu distinctives, deux pizzas différentes se ressemblent beaucoup
- Espèces uniquement, aucune carte acceptée
- Fermé le mardi
À qui s'adresse ce lieu ?
- Les vacanciers sans voiture qui logent à Tavira
- Ceux qui veulent changer des grillades après quelques jours
- Les amateurs de pizza au feu de bois
Une pizzeria honnête au vrai four à bois, dont le meilleur atout reste la place sur laquelle elle est posée.
Personne ne vous le dira comme ça, alors je le dis : la meilleure chose de cette adresse n’est pas dans l’assiette. Elle est autour, elle est derrière vous, elle est dans la place sur laquelle la terrasse est posée. Et une fois qu’on a compris ça, on vient au Dolce Vita pour de bonnes raisons.
Le Dolce Vita, c’est un restaurant pizzeria italien tenu par des Italiens, ouvert depuis 2017, de l’autre côté du pont sur le Rio Gilão par rapport au centre historique. On y a mangé plusieurs fois, on habite la ville, et on a toujours commandé des pizzas. On y reviendra, mais pas seulement pour ce qu’on croyait.
Le vrai four à bois, et c’est plus rare qu’on ne croit
Commençons par ce qui fait la vraie valeur de la maison : le four. Un vrai four à bois, pas un four électrique déguisé, pas un four à gaz avec deux bûches posées devant pour la photo. Et à Tavira, c’est la seule qu’on ait trouvée jusqu’ici. Je pèse mes mots : je ne dis pas qu’il n’y en a pas d’autre en ville, je dis qu’à ce stade de nos essais, on n’en a pas croisé une seconde.
Ça se sent tout de suite, et c’est là que la pizza gagne des points. La pâte a ce goût de braise et cette petite note fumée qu’aucun four électrique ne sait imiter, avec les cloques irrégulières sur le bord qui vont avec. C’est le seul endroit de Tavira où on retrouve ça, et pour un amateur de pizza c’est déjà une raison suffisante de traverser le pont.
Nos pizzas, et la réserve qu’on assume
Le 2 septembre, j’ai pris la Meat Lover à 14,90 €, tomate, mozzarella, jambon, bacon, poulet, pepperoni. Que j’ai d’ailleurs appelée « Love Meat » pendant tout le repas, ce qui n’a pas aidé à commander. Caroline a pris une pizza au pepperoni. Les deux étaient bonnes, dans la catégorie des pizzas honnêtes.
Et voilà la réserve. Visuellement, les deux pizzas se ressemblaient tellement qu’on avait du mal à les distinguer au premier coup d’œil, et l’impression s’est confirmée en bouche : malgré deux recettes différentes, les goûts se différenciaient peu. On aurait aimé des garnitures un peu plus travaillées, un peu plus décidées.
Honnêteté oblige, il faut nuancer tout de suite : une Meat Lover et une pepperoni ont mécaniquement toutes les chances de se ressembler, vu que les deux contiennent du pepperoni. Le reproche ne tient pas tout seul sur ces deux-là, et il faudra qu’on teste d’autres recettes avant de le transformer en jugement.
Le sentiment général n’est donc pas « les pizzas ne sont pas bonnes », parce qu’elles le sont. C’est plutôt qu’avec un vrai four à bois entre les mains, il y aurait moyen de monter nettement plus haut. L’outil est là, il est rare, et on a envie de le voir mieux exploité.
Notre erreur : on n’a jamais goûté les pâtes
Là je m’auto-flagelle un peu. La maison est tenue par des Italiens, la carte propose plusieurs plats de pâtes qui donnent sérieusement envie, des tortellini aux épinards, pesto et crème à 13,90 € par exemple, et nous, à chaque visite, on a repris une pizza. À chaque fois.
Avec le recul c’est probablement une erreur de jugement de notre part : on juge une cuisine italienne sur la moitié de son répertoire. La prochaine fois, c’est décidé, on commande les pâtes, et on reviendra compléter cette fiche. Il y a aussi des entrées qui donnent envie, le fromage de chèvre grillé au romarin et miel à 8,50 € ou la bruschetta au saumon fumé à 9,50 €.
Attention, c’est cash uniquement
Le point pratique qui peut vraiment gâcher votre soirée si vous l’ignorez : le Dolce Vita est cash only, uniquement. C’est écrit noir sur blanc sur la carte, un autocollant « WE ARE CASH ONLY » bien visible, mais on ne le lit généralement qu’une fois assis.
Donc passez au distributeur avant, surtout si vous venez à plusieurs et que vous comptiez partager l’addition à la carte. Ce n’est pas compliqué, il y a ce qu’il faut en ville, mais ça se prépare en amont plutôt qu’au moment de payer.
Ce que Caroline regarde depuis sa table
C’est le vrai sujet de cette fiche. Caroline trouve la vue particulièrement jolie depuis sa table, surtout à la tombée du jour, quand les éclairages s’allument. Assise face à la place, elle a devant elle un morceau de jardin et, en arrière-plan, la façade du Palácio de Tavira mise en valeur par une série de spots qui éclairent vers le haut et vers le bas.
Ce qui lui plaît, c’est l’harmonie de l’ensemble plus que chaque élément pris séparément. Un lampadaire d’un style un peu ancien, dans une teinte qu’elle décrit comme or-rose, qui répond aux fleurs d’un petit arbre voisin presque de la même couleur. Autour, un grand conifère qui monte haut, une plante aux formes d’aloès, un petit buisson, un autre petit arbre presque taillé en boule, et un palmier un peu plus à gauche. Tout ça tient ensemble sans qu’on sache pourquoi.
Ce jardin n’est pas arrivé là par hasard
Et c’est là que ça devient intéressant, parce que Caroline a décrit sans le savoir un inventaire botanique vieux de plus d’un siècle. Le Jardim da Alagoa a été créé en 1915, sur un plan de Carlos Peres, à l’initiative d’António Padinha, premier président élu de la mairie de Tavira, et c’est lui qui a donné son nom à la place. Un buste lui a été ajouté sur place en 1982.
Ce jardin de neuf cents mètres carrés à peine a été planté d’espèces venues de cinq continents différents. Ce que Caroline prend pour un grand pin est une araucaria de Norfolk, un conifère du Pacifique sud. Le palmier est un Phoenix des Canaries. Le petit arbre taillé en boule est un thuya de Chine. Et les fleurs rose-or qui répondent au lampadaire sont très probablement celles du laurier-rose du jardin.
Autrement dit, l’impression d’harmonie qu’elle ressent depuis sa table sans savoir l’expliquer, c’est une composition voulue, dessinée il y a plus de cent ans par quelqu’un dont c’était précisément le projet. Elle n’a pas trouvé ça joli par hasard.
Et le nom « Alagoa », il vient de l’eau
Dernier morceau de l’histoire, et il change complètement la façon de regarder l’endroit. « Alagoa », c’est « lagoa », la lagune. Le jardin porte ce nom parce qu’il est posé sur une ancienne zone marécageuse, à la confluence de petits cours d’eau, un bras relié au Rio Gilão qui s’est envasé et comblé au fil des siècles.
Donc la place où vous mangez votre pizza en terrasse, avec son araucaria et son lampadaire or-rose, était de l’eau. C’est le genre de détail qui explique aussi pourquoi le secteur est plat comme la main alors que le reste de Tavira monte et descend sans arrêt.
Une place où il y a vraiment à boire et à manger
L’autre raison de venir, c’est que cette petite place concentre des styles d’établissements complètement différents. Il y a le bar Alagoa, un très vieux bar tenu par Leonardo, où on aime bien prendre l’apéritif. Il y a le Tavila Café, dans un coin de la place, esprit tapas avec une vraie offre végétarienne et végane, où on a déjà mangé. Il y a un restaurant indien et une adresse de cuisine portugaise traditionnelle. Et il y a le Dolce Vita. Sur cinquante mètres à peine.
Le Palácio de Tavira complète le tableau. C’est l’ancien palais de la famille Tavares, refait à neuf, devenu un Small Luxury Hotel of the World de trente-six chambres avec piscine sur le toit, au 35-37 de la place, et il fait restaurant midi et soir. C’est aussi lui qui figure à la sélection hôtels du Guide Michelin : c’est le même bâtiment, pas une adresse de plus. On n’y a pas encore mis les pieds, c’est sur la liste.
À qui on conseille le Dolce Vita
Surtout aux vacanciers qui séjournent à Tavira sans voiture et cherchent une adresse accessible à pied. Et particulièrement à ceux qui sont là depuis quelques jours, qui ont enchaîné les grillades et la cuisine portugaise, et qui ont envie de retrouver quelque chose de familier le temps d’un repas.
Il y a aussi un argument budget, quand on mange dehors plusieurs soirs de suite : une pizza honnête dans un cadre agréable ne fait pas exploser le budget repas du séjour. Ce n’est pas l’adresse où chercher la pizza la plus sophistiquée de votre vie, c’est une adresse pratique et sympathique pour varier les plaisirs. Si vous voulez du portugais pur et dur à midi, on préfère vous envoyer chez le Machado, et pour le contexte de la ville tout est dans notre article sur Tavira.
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