Cacela Velha, la carte postale de l’Algarve qu’on garde un peu pour nous
Cacela Velha, joyau de l'est de l'Algarve : la plus belle vue sur la Ria Formosa, la plage à marée basse, le fort, le cimetière et nos conseils pour y...
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Pouvoir fêter une São João en même temps qu’un match de foot de l’équipe nationale, c’est pas tous les jours que ça arrive, et c&rsq...
Il y a des endroits qu’on croit connaître parce qu’on y est passés dix fois… et puis un jour on s’arrête vraiment, et on compr...
Bon, le Portugal, on ne va pas faire semblant d’être objectifs : on y habite pour de vrai. On s’est expatriés ici, on vit une partie de l’année dans l’Algarve, entre Tavira et Olhão, et le reste sur les routes. Xavier est tombé amoureux de Tavira en 2014, quand ses parents s’y installaient déjà une partie de l’année, et depuis on y a posé nos valises. On y a nos restos étalons, nos spots à camping-car, nos galères d’hiver et nos flamants roses à quinze minutes à pied. Alors ces guides, ce ne sont pas des fiches recopiées, c’est du vécu de gens qui vivent sur place, avec Édouard garé pas loin.
On les a rangés par région pour que vous puissiez construire votre boucle, du sud brûlant de soleil au nord vert et humide. Le Portugal se roule au ralenti, et c’est franchement le pays le plus facile d’Europe pour débuter en van.
C’est ici que tout commence pour nous. Tavira d’abord, la plus belle ville de l’Algarve à nos yeux, avec ses bougainvilliers qui poussent entre les pavés et l’odeur iodée des salines juste à côté. Le Rio Gilão coupe la ville en deux et, aux grandes marées, il déborde même des bouches d’égout, ça donne un parfum tout sauf marketing mais c’est ça la vraie vie. Un peu plus loin, Olhão est la ville où on a failli s’installer pour de bon, son marché en brique rouge est moins cher que celui de Tavira et on y mange un mixte de poissons grillés pour 10 euros les yeux fermés.
On a aussi appris à la dure, forcément. À Fuseta, ce village de pêcheurs entre lagune et crabes violonistes, on a fait l’erreur de louer un appartement un hiver pour éviter le parking : il faisait plus froid dedans que dehors, l’humidité de l’Algarve a raison de tout, j’allais faire mes siestes dans le camping-car pour me réchauffer (personne ne vous le dit, celle-là). Pour le reste, Faro et sa vieille ville où on reste coincé en van, Santa Luzia et son poulpe, Cacela Velha en carte postale au-dessus de la Ria Formosa. L’est-Algarve reste notre terrain, celui qu’on connaît par coeur.
Cap à l’ouest et le décor change, la mer devient sérieuse. Sagrès et sa forteresse au bout du monde, avec un parking gratuit royal en hiver, Bordeira et ses falaises où on mange face à l’océan sans bouger du van, Silves et son château mauresque planté dans les terres. Lagos vaut pour ses criques dorées même si les abords se sont bien anglicisés, et Portimão joue la carte de la verticalité face aux paquebots. Cette côte-là sent l’aventure, c’est notre chapitre coucher de soleil.
En remontant, Sintra se mérite. On a laissé le camping-car à Lisbonne à cause des vols (le seul coin du Portugal où les avis sont formels), et on est montés en train : bien nous en a pris, on est tombés sur Mario, un tuktukeur improvisé qui nous a fait grimper jusqu’au Palais de Pena et découvrir une fontaine cachée qu’on n’aurait jamais vue seuls. Pena, d’ailleurs, c’est le château Walt Disney des sept merveilles du Portugal, un truc jaune bling-bling assumé, et un conseil, l’extérieur vaut mieux que l’intérieur. Plus au nord, Nazaré et ses vagues géantes (plates le jour où on est passés, évidemment) où on a goûté nos premières bolas de Berlim, puis Tomar et son couvent des Templiers, Coimbra l’universitaire et Aveiro, la petite Venise portugaise. Le centre récompense la lenteur, on n’y court jamais.
Le nord, plus frais, plus vert, reste franchement sous-coté. À Porto, on a dormi à Praia da Aguda pour prendre le train, mangé une francesinha monumentale au Brasão Aliados, traversé la gare de Sao Bento tapissée d’azulejos (sans guichet, l’architecte a oublié le côté pratique) et visité la Livraria Lello qui aurait inspiré Harry Potter. Juste à côté, Guimarães, le berceau de la nation avec les cheminées bourguignonnes du Palais des Ducs, et tout au fond, Bragance, son château et son menu surprise à 10 euros. Le nord surprend tout le monde, nous les premiers, à chaque fois.
Entre la capitale et le grand sud, il y a notre Portugal secret. Évora et son ensopado de borrego dans une région où on mange comme des rois, et surtout la côte alentejane, brute et presque vide, où Vila Nova de Milfontes garde l’embouchure du Mira comme un lac et où Porto Covo aligne ses maisons blanches au-dessus de criques cachées. La côte alentejane reste au calme, et c’est précisément pour ça qu’on y retourne.
Nos plus beaux souvenirs, ce ne sont pas toujours des lieux mais des soirées. La Saint-Jean (São João) où on se tape sur la tête avec des marteaux en plastique dans la fumée des sardines, et le festival des escargots de Tavira en juin, où on est retournés exprès. Calez votre voyage sur une festa si vous pouvez, c’est là que le Portugal se livre pour de vrai.
Côté pratique, le Portugal est bien fourni en aires et spots pour véhicules aménagés, et l’Algarve est un régal à vivre en van. Attention quand même, les spots gratuits se raréfient (Olhão a grillagé le sien), la police joue au chat et à la souris avec les camping-cars les jours de marché, et on a récolté une amende de 60 euros pour une petite route interdite aux camping-cars qu’on n’avait pas vue. Le sud est devenu cher, parfois plus qu’en France, alors que le nord reste doux au portefeuille, et les meilleures saisons restent le printemps et l’automne, doux, verts et tranquilles.
Piochez une région, suivez les guides, et laissez le reste se dérouler à hauteur de pare-brise. Le Portugal récompense ceux qui ralentissent, et on n’a jamais trouvé mieux que quatre roues et un plein pour ça.