Notre avis sur Le Nomad
Avantages
- Une vue presque 360 sur la Ria Formosa, la ville et le Rio Gilao
- Des prix de bar de centre-ville malgre le cadre
- Ouvert a tous, sans dormir a l'hotel
- Ouvert toute l'annee, contrairement aux terrasses saisonnieres
Inconvénients
- En haute saison, les meilleures places face a l'ocean partent tot
- En hiver, le soleil se couche bien avant l'heure d'apero habituelle
À qui s'adresse ce lieu ?
- Ceux qui passent quelques jours a Tavira et veulent voir la ville d'en haut
- Les amateurs de coucher de soleil
- Ceux qui fuient d'habitude les bars d'hotel pour une question de prix
L'une des plus belles vues de Tavira, a des tarifs de bar de centre-ville. Le premier conseil qu'on donne a quelqu'un qui sejourne en ville.
Le bar d’hôtel, d’habitude, c’est exactement le truc qu’on évite. Tu montes, tu paies ton verre le double d’en bas, tu redescends en te disant que la vue était jolie mais que la note ne valait pas le détour. C’est le réflexe qu’on a tous, et on l’avait aussi.
Sauf qu’à Tavira, il y a le Nomad, et le Nomad casse le raisonnement en deux minutes. C’est le rooftop du Maria Nova Lounge, tout en haut du bâtiment, et on y monte depuis plusieurs années maintenant, été comme hiver. On habite la ville, donc on a eu le temps de comparer, et franchement c’est devenu un de nos meilleurs conseils quand quelqu’un débarque à Tavira pour quelques jours.
Non, il ne faut pas dormir à l’hôtel pour y monter
C’est la question qu’on nous pose à chaque fois, alors autant l’évacuer tout de suite : le Nomad est ouvert à tout le monde. Vous ne dormez pas au Maria Nova, vous n’avez rien réservé, vous passez juste boire un verre en soirée, et personne ne vous demandera rien. Vous prenez l’ascenseur, vous montez au dernier étage, voilà.
Deuxième chose, et elle compte si vous venez hors saison : comme c’est le rooftop d’un hôtel, et que l’hôtel tourne à l’année, l’endroit ne ferme pas l’hiver. Ce n’est pas une paillote qui plie bagage fin septembre. On y va en janvier, on y va en août, c’est ouvert.
La terrasse fait le tour, et Tavira change de tête à chaque angle
Le rooftop est coupé en deux : un espace intérieur, et une très grande terrasse qui fait pratiquement tout le tour du bar. Et c’est ça qui fait l’intérêt du lieu, parce que ce n’est pas un point de vue, c’en est quatre. Vous vous déplacez de dix mètres et vous ne regardez plus la même ville.
D’un côté, vous dominez la Ria Formosa et tout le front qui s’ouvre vers l’océan, avec les bancs de sable et les canaux qui découpent la lagune. Vous tournez, et vous avez une grande partie de Tavira sous les yeux avec le Rio Gilão qui la traverse. Vous tournez encore, et ce sont les collines de l’arrière-pays. Prenez le temps de faire le tour, c’est vraiment là que ça se joue, et c’est le genre de truc qu’on oublie de faire quand on s’assoit direct à une table.

Même à l’intérieur, d’ailleurs, vous ne perdez pas grand-chose. La salle est cernée de grandes baies vitrées, donc la vue continue de rentrer même quand vous êtes installé au chaud. C’est pratique en hiver ou les soirs où le vent se lève, ce qui arrive plus souvent qu’on ne le raconte dans les brochures.
Ces toits pointus, en bas, ce ne sont pas des toits comme les autres
Quand on se penche sur la ville depuis le Nomad, il y a un truc qu’on remarque avant même de savoir ce que c’est : les toits de Tavira ne ressemblent pas à ceux des autres villes de l’Algarve. Ce sont des petites pyramides de tuiles alignées les unes à côté des autres, comme un damier en relief. Les Portugais les appellent les telhados de tesoura, les toits en ciseaux.
Le détail qui rend la chose lisible d’en haut : chaque pyramide couvre une seule pièce. Une petite maison porte un seul de ces toits, une grande en aligne cinq ou six, et c’est pour ça que le paysage donne cette impression de mosaïque quand on le regarde depuis un rooftop plutôt que depuis la rue.
Sur leur origine, autant être honnête : personne ne tranche vraiment. On lit un peu partout que ce serait une influence rapportée d’Inde ou d’Asie par les navigateurs portugais à partir du XVe siècle, on lit ailleurs que c’est un héritage de la période mauresque. Les deux hypothèses circulent, aucune ne fait consensus, et les sources sérieuses reconnaissent qu’on n’en sait rien. Donc si un guide vous l’affirme avec certitude, prenez-le avec des pincettes. Ce qui est sûr, c’est que c’est une signature de Tavira et qu’on ne la retrouve nulle part ailleurs dans la région.
Le soleil ne se couche pas du même côté selon la saison
Alors là, petit point pratique qu’on n’avait pas anticipé la première fois. Le côté collines, l’arrière-pays, c’est objectivement le moins joli des quatre angles quand vous arrivez : à côté de la lagune et du Rio Gilão, ça ne fait pas le poids.
Sauf qu’au tout début du mois de septembre, c’est précisément derrière ces collines-là que le soleil descend. Donc le côté qu’on trouvait le plus quelconque devient d’un coup le meilleur poste d’observation du rooftop. Le constat vaut pour début septembre, on l’a fait le 2, et la conclusion à retenir c’est surtout que l’orientation du coucher de soleil bouge avec la saison. Repérez où le soleil est en train de tomber avant de choisir votre table, pas après.
Ce qu’on a bu, et ce que ça coûte vraiment
Le soir dont on parle, ça a été un gin tonic pour moi et un Rooftop Gin pour Caroline, un cocktail maison à base de gin. Rien d’extravagant, on n’est pas là pour tester la carte entière, on est là pour boire un verre correct en regardant la ville.
Le total : 16,50 € pour les deux. Pour un rooftop d’hôtel avec cette vue-là, c’est même plutôt bon marché, et c’est exactement ce qui casse le préjugé du départ. On est sur des tarifs de bar de centre-ville, pas sur des tarifs de terrasse panoramique.
Le point de comparaison qui nous vient tout de suite, c’est le bar du château de Tavira, où le verre de vin grimpe vite autour de 9 €, pour une vue qui nous plaît franchement moins. Là, la différence de cadre est énorme et la différence de prix ne l’est pas. Si vous cherchez l’autre bout du spectre, plus bas dans les ruelles, on aime beaucoup la Bodeguita Salinas pour ses verres de vin et ses tapas, mais on n’y monte évidemment pas voir le coucher de soleil.
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L’hiver, ce n’est plus du tout le même endroit
Début septembre, à l’heure de l’apéro, la terrasse est pleine et les meilleures places face à l’océan sont déjà toutes prises. C’est la rançon du succès, l’endroit est connu, et si vous visez une table avec la vue plein cadre en été, venez plus tôt que l’heure logique. Ça se joue à vingt minutes.
En hiver, c’est le contraire, il n’y a presque personne et vous vous installez où vous voulez. Le piège, c’est l’heure : le soleil se couche tellement plus tôt qu’en arrivant à notre heure d’apéro habituelle, on n’attrape que les dernières minutes. Donc l’hiver, décalez, sinon vous montez pour la vue de nuit, ce qui est joli aussi mais ce n’est pas la même chose.
À qui on conseille le Nomad
À tout le monde, et ce n’est pas une réponse de facilité. Quand quelqu’un nous dit qu’il passe quelques jours à Tavira et nous demande quoi faire un soir, c’est le premier truc qu’on sort. Montez une fois au Nomad en soirée, ne serait-ce que pour voir la ville d’en haut.
Ce n’est pas qu’une histoire de coucher de soleil, d’ailleurs. C’est surtout que Tavira se comprend mieux vue de là-haut : la lagune, le fleuve qui coupe la ville en deux, le centre historique, les collines derrière. En dix minutes de terrasse, vous avez la carte en tête, et le reste de votre séjour se lit différemment. Si vous voulez le contexte complet de la ville avant de monter, on a écrit tout ça dans notre article sur Tavira.