Notre avis sur Le jardin botanique de Coimbra, ou comme dit Xavier le « je me souviens plus du nom »
Avantages
- La forêt de bambous en contrebas, vraiment dépaysante
- Grand, calme, une vraie pause verte dans une ville minérale
- Entrée généralement gratuite
- Une belle histoire (les plantes des explorateurs, le quinquina)
Inconvénients
- La serre Estufa Tropical peut être fermée (elle l'était pour nous)
- Ça monte et ça descend encore, les 10 000 pas sont assurés
À qui s'adresse ce lieu ?
- Familles et promeneurs
- Amateurs de nature et de photo
- Ceux qui veulent souffler entre deux montées
Une belle respiration verte au milieu d'une ville très pentue, avec une forêt de bambous qui vaut la descente.
Alors celui-là, je ne retiendrai jamais son nom. Le Jardim Botânico da Universidade de Coimbra, moi j’ai fini par l’appeler « je me souviens plus du nom », prononcé bien accroché à l’accent portugais (Caroline apprécie moyennement, mais bon, il faut bien que quelqu’un fasse baisser le niveau). Peu importe le nom, c’est un gros morceau de la visite : un grand jardin en terrasses qui descend, encore une histoire de monter et de descendre, et évidemment les 10 000 pas dans la poche à la fin. Au milieu d’une ville aussi minérale et pentue, tomber sur autant de vert, ça fait un bien fou.
Un jardin en terrasses (et le grand débat du couple)
C’est là que notre fil rouge de l’épisode prend tout son sens : on ne visite pas pareil selon qu’on soit un homme ou une femme. Caroline s’arrête sur les camélias en fleurs, la lumière sur les pétales, un cerisier qui explose de rose, un bassin tranquille couvert de nénuphars. Moi, pendant ce temps, je regarde le dénivelé et je calcule combien de mollets ça va me coûter. Qui dit vision différente dit débat, et un jardin comme celui-ci est le terrain de jeu parfait pour ça.
Ce qui est beau, c’est que les deux regards se complètent. Elle voit la délicatesse, moi je vois le relief ; elle photographie une fleur, je photographie l’escalier qui grimpe derrière. Et au bout du compte, on ramène deux jardins différents dans le même appareil photo. (Bon, j’ai aussi glissé une vanne sur « mon gros bambou », on ne se refait pas, mais chut.)
D’où vient ce jardin (spoiler : le paludisme)
Deux mots d’histoire, parce que celle-là est vraiment chouette. Le jardin a été créé en 1772 par le marquis de Pombal, en plein grand chantier de réforme de l’université. À l’époque, ce n’était pas un décor à touristes : c’était un véritable labo à ciel ouvert. Les scientifiques y étudiaient les plantes que les explorateurs portugais rapportaient de leurs voyages, d’Amérique du Sud, d’Afrique ou d’Asie, pour comprendre à quoi elles pouvaient bien servir.
Et certaines ont carrément changé le cours des choses. La vedette absolue, c’est le quinquina, l’écorce dont on a tiré la quinine, le premier vrai traitement contre le paludisme. Autrement dit, un coin de jardin qui a contribué à sauver des millions de vies (avouez que c’est quand même plus classe que trois massifs de roses, je dis ça je dis rien). Rien que pour cette histoire-là, on regarde les vieilles plates-bandes autrement.
La forêt de bambous, le vrai clou
Et puis on descend, on descend encore le long des terrasses, et on débouche sur une vraie forêt de bambous. Là, on a traîné un bon moment, à lever la tête, à se sentir minuscules au milieu des tiges qui montent à l’assaut du ciel. C’est le genre d’endroit un peu magique où on oublie complètement qu’on est en pleine ville universitaire. La lumière filtre entre les cannes, ça craque, ça bruisse, on baisse la voix sans s’en rendre compte.
C’est clairement le coup de cœur de la visite, celui qui reste en mémoire une fois rentrés au van. Si vous ne deviez retenir qu’une image du jardin, ce serait celle-là : cette allée pavée qui s’enfonce sous l’arche de bambous, verte, fraîche et un peu irréelle.
Les écureuils, la serre fermée et les coins cachés
Le jardin réserve d’autres surprises pour qui prend le temps. Des écureuils y ont été introduits et s’y sont drôlement bien adaptés, alors ouvrez l’œil, ça détale entre les troncs. On tombe aussi sur de vieilles structures de pierre couvertes de mousse, des escaliers oubliés, de petits bâtiments à coupole qui ont l’air de sortir d’un conte. C’est un jardin où l’on se perd volontiers, sans plan, en suivant juste la pente.
Seule petite déception : la serre était fermée. L’Estufa Tropical, la grande serre qui abrite normalement toute la végétation exotique, avait porte close le jour de notre passage. On a juste zieuté à travers, un peu frustrés, en se promettant d’y revenir (Coimbra, décidément, aime bien nous donner une raison de repasser).
Une pause sur un banc, tous les deux
Entre deux montées, on s’est posés sur un vieux banc de pierre, chacun son tour, à souffler un peu. Et c’est peut-être ça qu’on retient le plus d’un jardin comme celui-ci : pas une plante en particulier, pas une espèce rare, juste le calme, l’ombre, le vert partout, et le fait d’être là ensemble à ne rien faire de spécial. Dans une ville qui grimpe sans arrêt, ce genre de pause vaut de l’or.

Infos pratiques
À voir aussi à Coimbra
Le reste de notre séjour à Coimbra (les spots pour dormir en van, la météo, le budget, où manger) est raconté dans notre guide complet pour découvrir Coimbra en camping-car.
PS : si vous retrouvez le vrai nom du jardin avant moi, gardez-le pour vous. « Je me souviens plus du nom » me va très bien, et en plus ça fait toujours son petit effet à l’accent portugais.