Vue sur la lagune de Faro depuis O Castelo, avec des rails de chemin de fer au premier plan et plusieurs petits bateaux sur l'eau sous la lumière de l'après-midi.

O Castelo, le resto perché dans les remparts de Faro (on y va pour le coucher de soleil, pas vraiment pour l’assiette)

Xavier 9 min
🍽️ Restaurants Remparts de la vieille ville (cidade velha), Faro, Algarve, Portugal

Notre avis sur O Castelo, le resto perché dans les remparts de Faro (on y va pour le coucher de soleil, pas vraiment pour l’assiette)

4
4/5 — Très bien Notre avis

Avantages

  • Une des plus belles vues de Faro sur la lagune au coucher de soleil
  • Mise en scène d'arrivée par les remparts et une grande porte en bois
  • Parfait pour un verre face à la ria, ambiance vivante

Inconvénients

  • Rapport qualité-prix de l'assiette décevant (entrée trilogia très chiche pour le prix)
  • Bruit variable : musique amplifiée, train et avions à proximité
  • Adresse assez touristique, peu fréquentée par les Portugais

À qui s'adresse ce lieu ?

  • Voyageurs de passage à Faro pour un apéro au coucher de soleil
  • Amateurs de belles vues sur la lagune plus que de gastronomie pure
  • Couples cherchant un verre en soirée avec vue

Un spot sunset au cadre magnifique dans les remparts de Faro, à réserver pour la vue et un verre plus que pour l'assiette.

Il y a des restaurants où l’on entre par une porte vitrée sur un trottoir, et il y a O Castelo, où l’on arrive par les remparts de la vieille ville de Faro. Autant vous dire que le décor prend un peu d’avance sur l’assiette.

On avait repéré l’adresse un peu par hasard, en tournant dans la cidade velha de Faro (celle qui se cache derrière les murailles, à deux pas du 8 Tapas qu’on aime tant). Le principe est simple sur le papier : tu passes une énorme porte en bois, tu débouches dans une grande cour, et au bout t’attend une esplanade en bois posée sur la lagune. Sauf que rien que cette mise en scène de l’arrivée, ça te donne déjà envie de sortir l’appareil photo avant même d’avoir vu la carte.

Un lieu qui se mérite (et qui se déplie en plusieurs temps)

Ce qui nous a plu d’entrée, c’est que le lieu ne livre pas tout d’un coup. On monte par les remparts, on franchit la grande porte en bois, on traverse une cour, on longe un bar extérieur et même des toilettes côté jardin, puis seulement là on débouche sur la terrasse en bois face à l’eau. Cette progression de décor un peu théâtrale transforme un simple resto avec vue en petit spot caché dans l’enveloppe historique de Faro. Ce n’est pas juste une table posée devant un panorama : c’est un parcours, presque une petite montée initiatique jusqu’à la ria.

Et O Castelo joue clairement sur trois tableaux à la fois : on peut y venir pour le coucher de soleil, pour boire un verre tranquille, ou pour manger un vrai repas. Trois usages dans la même adresse, ce qui en fait un lieu assez malin à caser dans une soirée à Faro, même si (spoiler, on y revient) les trois ne se valent pas tout à fait. Si tu veux le contexte complet de la ville avant d’y monter, on te raconte tout dans notre guide de Faro en camping-car.

La vue, les voiliers et le coucher de soleil

Soyons honnêtes deux secondes : c’est pour ça qu’on vient. Depuis la terrasse, la lagune de Faro s’étale avec ses petits bateaux à quai, la voie ferrée qui file au premier plan et cette lumière de fin d’après-midi qui rend absolument tout photogénique. La vue est vraiment très sympathique, on ne va pas bouder notre plaisir, et on comprend tout de suite pourquoi l’endroit se vend d’abord sur son panorama.

Vue depuis une terrasse couverte sur la lagune de Faro, avec des lignes électriques et la mer en arrière-plan. Ambiance estivale et paisible, aucun client visible.

Petite nuance quand même, histoire de rester carrés. Dans notre classement perso des restos avec vue de la région, O Castelo se glisse dans un trio avec le D’Gusta à Tavira et le Panoramico à Praia Verde. Et à ce stade de la soirée, c’est le D’Gusta qui tire le mieux son épingle du jeu sur le rapport qualité-vue, sa lagune à lui restant notre chouchou. Disons que O Castelo joue dans la cour des jolis panoramas de l’Algarve, sans forcément décrocher la médaille d’or.

Et qui dit coucher de soleil dit soleil rasant. Les tables vraiment posées au bord de l’eau étaient carrément trop chaudes ce soir-là, faute du moindre souffle d’air, au point qu’on a préféré se replier un peu à l’intérieur pour l’apéro. Bon à savoir si tu réserves un soir sans vent : la plus belle table, celle au ras de la ria, peut vite virer au sauna avant que le soleil ne descende pour de bon.

Vue sur la lagune de Faro depuis le bord de l'eau, avec des bateaux au loin et une lampe de quai au premier plan.

L’apéro face à la ria (et l’Aperol qui divise)

On a donc pris nos quartiers un peu en retrait, carte des boissons en main. Et là, joli détail : le bar joue à fond son identité de château. Les cocktails signature portent des noms de cour et de royauté (D. Maria, D. Inês, D. Leonor, D. Filipa, Robô da Corte, et même un Wall Keeper, le gardien du rempart), autour de 10 à 11 euros. Une vraie carte à thème assez soignée, avec ses classiques bien tenus à côté, du Negroni au Espresso Martini. Sur le papier, ça donne envie.

Dans les faits, on a joué safe, et c’est peut-être là qu’on a eu tort. Xavier est parti sur un Aperol Spritz, Caroline sur une flûte d’espumante. L’espumante faisait le job, mais l’Aperol.. disons qu’il n’a pas convaincu, avec un rendu un peu trop touristique à notre goût. Rien de dramatique, mais quand tu paies un spritz sur une terrasse qui se met en scène comme celle-ci, tu espères un peu mieux qu’un verre de buvette de festival.

Côté ambiance sonore, c’est là que ça se corse. En plus des trains et des avions qui passent (Faro et son aéroport ne sont pas bien loin), il y avait de la musique amplifiée sur place, avec un chanteur, voire un petit groupe, dont le son résonnait franchement dans les enceintes. Résultat, avant même d’avoir mangé, l’impression était nette : l’endroit semble d’abord pensé pour profiter de la vue et de l’animation, plus que pour viser la grande table gastronomique. On s’est dit, verre à la main, qu’on payait sans doute surtout le panorama. La suite du repas nous dirait si l’assiette déjouait ce pronostic.

À table : ce qu’on a vraiment mangé

On démarre avec la trilogia, l’entrée découverte maison à 6 euros : du pain grillé servi en corbeille, quelques carottes marinées, des olives, un beurre aillé et une petite crème de thon émietté. Le goût, franchement, était très bon, on ne va pas mentir. La quantité, en revanche.. trois mini-bouchées, une poignée de carottes, trois olives, un soupçon de beurre. Caroline a lâché le mot juste : à ce niveau de portion pour ce prix, ça frôle le foutage de gueule. On a connu des couverts portugais autrement plus généreux pour moins cher, et l’addition commence déjà à raconter la même histoire que le décor.

En plat, Xavier a testé la bolonhesa de atum à 15 euros, ces spaghettis à la sauce tomate et au thon. Verdict : c’est bon, la portion est correcte sans être copieuse, mais ça ne vaut clairement pas son prix. Et sur le plan technique, les pâtes restent honnêtes sans jamais donner l’impression d’un vrai savoir-faire sur ce type de plat. La carte a beau être longue et ambitieuse (bacalhau à natas, polvo, carré de borrego, tornedó de vitela, tout un rayon de spécialités entre 15 et 26 euros), notre assiette à nous confirme plus qu’elle ne dément l’idée de départ : ici, on paie surtout la vue.

Caroline, elle, avait pris le hamburger avec ses frites servies dans la petite corbeille métallique (avec la tomate cerise plantée sur pique, la totale). Et là, bonne surprise : sympa, correct, frites réussies, rien à redire de majeur. Pas le burger de l’année non plus, mais un plat honnête qui fait le job face au soleil qui descend. À noter au passage, le menu est trilingue portugais, anglais et français, ce qui en dit déjà long sur le public visé.

Ambiance, musique et clientèle

Justement, parlons public. Un détail nous a mis la puce à l’oreille sur le positionnement du lieu : côté service, on n’a pas entendu un seul mot de portugais. Ajoute à ça une observation faite assez tôt, vers 19h30 (une heure qui colle davantage aux habitudes anglaises ou touristiques qu’au dîner portugais, qui démarre bien plus tard), et tu obtiens l’image d’une adresse surtout tournée vers les visiteurs. Ce n’est pas un défaut en soi, mais ça se sent, du menu trilingue jusqu’au rythme de la salle.

Et pourtant.. une fois la musique coupée, sans avion au-dessus ni train qui passe, face à la lagune qui vire doucement au doré, le lieu redevient vraiment très agréable. C’est tout le paradoxe d’O Castelo : il peut basculer très vite d’un spot un peu trop chargé à un cadre franchement plaisant, selon la fenêtre de calme qu’on attrape. Plus qu’un refuge silencieux et constant, c’est un spot sunset vivant, très sensible au contexte, où le même quart d’heure peut passer du brouhaha au moment suspendu.

Pour qui, et à quel moment y aller

Si tu débarques à Faro sans mille références de restos locaux en tête, tu peux tout à fait passer un très bon moment ici : la vue suffit à rendre la soirée réussie, et même un Parisien en vacances repartira content, appareil plein de photos de la ria. En revanche, quand tu as déjà écumé pas mal de bonnes tables de l’Algarve, l’écart entre le cadre et l’assiette peut te faire un peu serrer les dents, surtout au moment de régler. Notre conseil concret : viens-y pour le coucher de soleil et un verre, cale-toi une table pas trop au ras de l’eau les soirs sans vent, et vise la fenêtre où la musique s’arrête. Pour un vrai repas mémorable à Faro, on te renvoie plutôt vers notre repaire tapas, le 8 Tapas.

Infos pratiques


: dans les remparts de la vieille ville (cidade velha) de Faro, Algarve, Portugal. Accès par les murailles et une grande porte en bois (adresse précise à confirmer sur place).
Type : bar-restaurant avec terrasse et vue sur la lagune, spot coucher de soleil.
Repères prix : cocktails 8 à 11 euros, tapas et planches 6 à 25 euros, salades 6 à 17 euros, spécialités 15 à 26 euros, desserts 6 à 7 euros. Entrée trilogia à 6 euros, bolonhesa de atum à 15 euros.
Menu : trilingue (portugais, anglais, français).
Ce qu’on en retient : on vient pour la vue, les voiliers et le sunset, un peu moins pour l’assiette.
Visité : juillet, en soirée.

PS : si tu y passes au coucher de soleil et que la musique veut bien se taire cinq minutes, envoie-nous ta photo de la lagune. On parie qu’elle sera plus belle que notre Aperol Spritz.