Ça te dirait, une semaine en Algarve dans notre camping-car ? Voilà, c’est dit… et maintenant je vais t’expliquer pourquoi je n’ai pas encore le droit de te le promettre.
Parce que l’idée est là, elle me trotte dans la tête depuis qu’on a arrêté de vivre dans Édouard à l’année, ici au Portugal. Un camping-car qui dort, ça me rend un peu triste (oui je parle de mon véhicule comme d’un animal de compagnie, on ne se refait pas). Alors je me suis dit que ce serait quand même cool de faire gagner des séjours d’une semaine à des gens qui nous suivent, pour qu’ils découvrent le sud de l’Algarve comme on a eu la chance de le connaître… de l’intérieur, avec la lagune d’un côté et les falaises de l’autre.
Sauf qu’entre une idée et une clé qu’on dépose dans la main de quelqu’un, il y a trois conditions à réunir, et je n’en maîtrise pas une seule complètement (ça commence bien, je sais). Donc dans cet article je te déroule tout : la paperasse, la liste des réparations sans rien cacher, le partenariat que je dois décrocher, et ce que je peux te promettre quand même dès aujourd’hui.
Où en est le projet, condition par condition
| Condition | Ce qu'il faut obtenir | Avancement |
|---|---|---|
| 1. Plaques portugaises | Modelo 9, inspection catégorie B, Modelo 112, DAV puis matrícula | Dossier lancé, papiers récupérés |
| 2. Remise en état | Douze chantiers, de l'eau au chauffage | Liste établie, réparations à faire |
| 3. Assurance et partenariat | Contrat de location et accord plateforme ou assureur | Pas encore contacté, vient après les réparations |
Mis à jour en septembre 2026. Tant que les trois lignes ne sont pas au vert, il n'y a ni concours, ni dates, ni modalités de participation.
D’où vient cette idée de te prêter Édouard
Édouard, c’est notre Hymer B544, celui dans lequel on a fait toutes nos aventures avec Caroline. Il porte le prénom du vendeur sur l’annonce duquel je suis tombé au départ… et qui se trouve être aussi celui de mon arrière-grand-père (double clin d’oeil, le nom est resté, on n’a même pas discuté). Si tu veux le détail de la bête, on lui a consacré sa fiche complète : la présentation de notre Hymer B544 Classic.
Bref, on n’y vit plus à temps plein, et c’est exactement de là que vient l’idée. Un véhicule qui reste garé, ça ne s’améliore pas, ça se dégrade en silence (il attend juste que tu remontes dedans pour te présenter la facture), et perso je trouve ça dommage qu’un camping-car qui a traversé la Suisse, les Pays-Bas et l’Écosse finisse sa vie à faire de la présence sur un terrain. Autant qu’il serve… et autant qu’il serve à quelqu’un qui en rêve.
Le principe que j’imagine, c’est une semaine, en basse saison, pour que les billets d’avion ne coûtent pas un rein, avec probablement une soirée passée ensemble au départ pour te montrer comment tout ça fonctionne. Parce qu’un camping-car, ça se prend en main, et j’aime autant te montrer les trois gestes qui évitent les vraies galères (le frigo, les niveaux, la marche arrière avec 2,27 m de large) que te laisser découvrir le trimix tout seul un dimanche soir.
Condition 1 : les plaques portugaises (et pourquoi la plateforme m’a dit non)
Première étape, la plus bête et la plus bloquante : pour mettre Édouard en location, je dois passer par une plateforme. Celle par laquelle je passerai, ce sera Yescapa, le Airbnb des camping-cars (pour ceux qui ne connaissent pas, tu déposes ton véhicule, des gens le louent, la plateforme encadre le contrat). Et là, premier mur : Édouard est toujours immatriculé en France, alors que nous, on vit au Portugal. On m’a répondu que dans cette configuration, je ne pouvais le louer que six mois par an, et qu’ensuite il fallait que je le ramène en France.
Donc si je veux que ça tourne toute l’année, il faut passer Édouard sous matrícula portugaise. Et c’est précisément pour ça que j’étais dans le camping-car le jour du tournage : récupérer les papiers (tu as cru que je faisais une vidéo d’ambiance, en vrai je fouillais dans le tiroir à paperasse). On était même partis pour remonter en France en fin d’année faire le contrôle technique, avant de comprendre que ce CT français n’est pas nécessaire pour changer les plaques. Un aller-retour de 3 000 kilomètres évité juste en posant la bonne question… ça valait le coup de la poser.
Ce qu’il faut vraiment, c’est une inspection portugaise dans un centre de catégorie B, qui délivre la fameuse fiche Modelo 112. Voilà le parcours tel qu’on l’a reconstitué (et oui, j’ai fini par le noter quelque part, parce que de mémoire c’est ingérable).
Et le piège, avec un véhicule de bientôt 27 ans, c’est l’homologation. Je n’ai pas de COC européen moderne, j’ai un procès-verbal de réception par type et un certificat de conformité Hymer France de 1999, avec le genre VASP, le châssis Fiat, la longueur et le PTAC dessus. C’est une belle pièce (franchement, pour un papier de cet âge il est en meilleur état que la moquette), mais c’est à l’IMT de dire si elle suffit. Bref : je suis au tout début de la transition, et il va falloir croiser les doigts et que l’administration portugaise le veuille bien.
Condition 2 : remettre Édouard en état, la liste complète
Deuxième étape, reprendre très très soin de notre petit bébé. Parce qu’entre-temps, à chaque fois qu’on est remontés dedans, on a découvert un nouveau souci (c’est mécanique, un véhicule à l’arrêt te facture son immobilité en plusieurs fois). J’ai compté douze chantiers. Je te les donne tous, y compris ceux qui ne me font pas très plaisir… et il y en a.
Le siphon de la cuisine ne garde plus l’eau. Concrètement, tu ouvres le robinet et toute l’eau se déverse dans le meuble en dessous. Avoue que c’est un petit peu dommage (c’est le genre de détail que tu découvres en rangeant tes casseroles, trempées).
Et sous le caillebotis de la douche, il va falloir que j’imperméabilise sérieusement le dessous : ça fait longtemps qu’il a vécu, donc une bonne couche d’isolant pour éviter que ça fuie.
La batterie secondaire, une plomb, est complètement HS. J’avais déjà changé la batterie principale il y a un an, celle qui fait tourner la pompe à eau et une partie de l’éclairage, et je l’avais passée en lithium. La secondaire nous a lâchés dans la foulée (elles se donnent le mot, je suis convaincu).
Il y a aussi l’éclairage du lit, un peu explosé, et un feu de position à l’avant en haut, celui qui signale la hauteur du véhicule, que quelqu’un a dû me voler. C’est le quatrième que j’achète et ce n’est jamais la bonne taille (à ce stade je pense que le problème vient de moi). Un jour j’y arriverai.
Tout ce qui protège le lit est en train de s’exploser, et il y a du sparadrap dessus, ce qui te donne une idée du niveau de bricolage (on assume totalement, ça a tenu deux ans).
Le matelas aussi a fait son temps, on s’est assez gigotés dedans avec Caro. Si je dois le louer, je veux que ce soit un autre matelas, ça me paraît la moindre des choses. On vient d’en recevoir un pour la maison, donc on va voir avec cette marque s’il n’y a pas moyen de faire la même chose pour le camping-car… on croise les doigts là aussi.
Les lanterneaux ont décidé d’être un peu éclatés, les rideaux vont sûrement y passer aussi.
Et puis il y a la moquette. Édouard a un truc que peu de camping-cars ont : une moquette. Beige (voilà, tu as déjà compris la suite). C’est génial quand il commence à faire frais, mais on en a eu marre de celle qui est sous la cuisine, donc il y aura sûrement une partie sans.
Enfin, les gaines de ventilation qui amènent l’air chaud : certaines sont déchirées. Ça, je le réparerai en priorité, parce que si tu viens le louer en hiver, j’aimerais autant que tu aies chaud (l’Algarve en janvier, c’est doux dehors et humide dedans, c’est un piège classique).
Et si tu te demandes ce que coûte ce genre de liste sur un véhicule aménagé, on avait déjà fait les comptes en détail ici : le coût de l’entretien d’un véhicule aménagé. Pour la partie « ça tombe en panne loin de chez soi », nos réflexes sont là : ton van tombe en panne, que faire. Et pour le frigo, on a fini par en faire une méthode complète après 27 ans de trimix : comment on pilote le frigo d’Édouard.
Ce qui me rassure, quand je relis cette liste, c’est qu’on a déjà réparé bien pire. Les démarrages aléatoires qui nous ont pourri la Suisse, les Pays-Bas puis l’Écosse pendant huit mois, c’était l’antidémarrage (on ne l’a compris qu’au Portugal, huit mois plus tard, après avoir soupçonné le démarreur, la batterie, la clé et probablement le mauvais oeil). Comparé à ça, un siphon et une moquette beige, c’est presque des vacances.
Condition 3 : l’assurance et le partenariat
Troisième étape, celle qu’on oublie toujours quand on fantasme un projet dans son canapé : la responsabilité. Si je prête Édouard, on a besoin d’être couverts, tous les deux. Une assurance camping-car, j’en ai une. Mais ce qui est bien quand tu passes par une plateforme, c’est le contrat entre celui qui loue et le propriétaire : au cas où l’un de nous deux viendrait à se manger un pont (ça arrive bien plus souvent qu’on ne le croit avec un intégral de six mètres, demande aux carrossiers), on est tous les deux un peu protégés.
Donc une fois les réparations faites, je veux contacter la plateforme pour voir ce qu’elle peut faire comme partenariat avec nous. Et si ça ne marche pas de ce côté-là, je chercherai du côté d’un assureur. C’est la condition sur laquelle j’ai le moins de prise : je peux relancer l’administration, je peux visser des lanterneaux (mal, mais je peux), mais je ne peux pas décider à la place d’une entreprise.
Ce que je ne te promets pas (et ce que je te promets quand même)
Alors soyons très clairs, parce que je préfère te décevoir maintenant que dans six mois.
Je ne te promets rien. Il n’y a pas de concours ouvert, pas de formulaire, pas de date, pas de modalités de participation définies, et il n’y a évidemment pas de camping-car à gagner : l’idée, c’est de te faire gagner des séjours à bord d’Édouard, pas Édouard (j’ai bien lu ta question avant que tu la poses, j’anticipe). Si les trois conditions ne tombent pas, ce projet restera un article et une vidéo, et voilà.
Ce que je te promets, par contre : que je le dirai ici et sur la chaîne dès que les trois cases seront cochées, et que si ça se fait, ce sera en basse saison, une semaine, avec une prise en main ensemble au départ. Et que je préfère continuer à te dire « je ne sais pas encore » plutôt que de t’annoncer un jeu-concours que je ne peux pas tenir.
L’Algarve qu’on veut te faire découvrir à bord
Parce que le vrai sujet, ce n’est pas le siphon (désolé pour lui). C’est ce qu’il y a dehors quand tu ouvres la porte le matin.
L’Algarve qu’on a connue, c’est Fuseta, le village de pêcheurs sur la lagune, où tu vas à la plage à pied depuis le centre sans bouger le camping-car, où le petit-déjeuner c’est une tosta mista et un café à 3,40 €, et où tu passes vingt minutes accroupi à regarder les crabes violonistes filer dans leur terrier à marée basse (il faut forcer un peu son regard… moi je ne les voyais pas du tout au début, Caro les repérait à dix mètres).
C’est Sagres et le bout de l’Europe, où le parking de la forteresse en basse saison réunit les surfeurs et les vanlifers, avec le coucher de soleil sur les falaises à moins de cent mètres. C’est les pêcheurs postés au bord du vide en plein décembre, dans des positions qu’on qualifiera poliment de limites (on n’a toujours pas compris comment ils font pour ne pas y passer).
Et c’est aussi tous ces endroits sur lesquels on a déjà écrit, comme Cacela Velha, la carte postale de l’Algarve, ou le festival médiéval de Castro Marim où on est retournés deux fois (la deuxième, c’était pour la bière médiévale, je l’avoue).
Une semaine à bord d’Édouard, ça te tenterait ? Dis-nous en commentaire ce que tu aimerais découvrir en Algarve, ça m’aidera à construire le truc si un jour il se construit.
Questions fréquentes sur le projet Édouard en Algarve
Comment être prévenu si le projet se concrétise ?
Le plus simple est de suivre la chaîne Les Voyages de Caro et Xav et la newsletter du blog. Dès que les trois conditions sont réunies, l'annonce sortira là en premier, avec les modalités réelles. Aucune inscription n'est ouverte aujourd'hui, donc méfie-toi de tout formulaire qui prétendrait le contraire.
Faut-il un permis spécial pour conduire un camping-car de six mètres ?
Non, le permis B suffit pour un véhicule dont le PTAC ne dépasse pas 3,5 tonnes, ce qui est le cas d'Édouard (3,4 t). En revanche la surcharge des débuts est réelle : 5,97 m de long, 2,27 m de large, et une hauteur qu'on oublie toujours au premier passage sous un porche. C'est exactement pour ça que je prévois une prise en main ensemble avant de laisser les clés.
Où dort-on avec un camping-car en Algarve ?
En basse saison, les parkings tolérés et les aires font l'essentiel du travail, avec les campings municipaux en solution de repli quand la météo tourne. Attention aux routes côtières interdites aux camping-cars, la signalisation est discrète et l'amende tombe vite (60 € pour nous, une fois, en toute honnêteté).
Quelle est la meilleure période pour l'Algarve en camping-car ?
Le printemps et l'automne, sans hésiter. L'été est chaud et saturé, l'hiver est doux dehors mais humide, et c'est l'humidité qui use, pas le thermomètre. Le vrai bon moment, c'est autour du changement d'heure de printemps, début avril.
Un locataire peut-il sortir le camping-car de l'Algarve, voire du Portugal ?
Ce sera à cadrer dans le contrat de location, et ça dépendra de l'assurance retenue. Mon idée de départ, c'est un séjour centré sur le sud de l'Algarve, avec des distances courtes entre les spots. Ça évite de passer la semaine sur la route et ça limite les risques pour tout le monde.
Pourquoi ne pas simplement louer un camping-car local sur place ?
Tu peux, et ça se fait très bien. La différence, c'est qu'Édouard n'est pas un véhicule de flotte : c'est celui dans lequel on a vécu, avec son trimix de 27 ans, sa moquette beige et ses habitudes. Certains trouveront ça charmant, d'autres préféreront un modèle récent avec la garantie qui va avec, et c'est parfaitement légitime.
Est-ce qu'un camping-car de 1999 est encore fiable pour un séjour ?
La base Fiat Ducato, oui : pièces partout, mécanique connue, pas d'AdBlue à gérer. Ce qui vieillit sur ce genre de véhicule, ce n'est pas le moteur, c'est la cellule (joints, étanchéité, électricité d'origine). D'où la liste de réparations avant toute location, et pas après.
Que se passe-t-il en cas de panne pendant un séjour ?
C'est précisément le rôle du contrat et de l'assistance associée. Et comme on habite en Algarve, on n'est jamais très loin. J'ai passé assez de temps à diagnostiquer des pannes sur ce véhicule pour savoir qui appeler dans la région.
Peut-on venir avec un animal ?
À ce stade je n'ai rien tranché, et ce sera l'un des points à arbitrer avec l'assurance et l'état du couchage refait. Je préfère le dire franchement plutôt que d'annoncer un oui que je devrais retirer ensuite.
Puis-je mettre mon propre camping-car en location de la même façon ?
Oui, c'est même ce que je vais faire pour Édouard dans tous les cas. Les points à vérifier avant de se lancer : le pays d'immatriculation par rapport à ton pays de résidence, l'assurance, l'état réel du véhicule et la fiscalité des revenus perçus. Les trois premiers sont dans cet article, le dernier mérite son propre dossier.
PS : oui, j’ai bien conscience d’avoir écrit un article entier pour t’annoncer quelque chose qui n’existe pas encore… Mais voilà quoi, je préfère te raconter le chantier pendant qu’il a lieu plutôt qu’une belle histoire arrangée à la fin. Et puis ça m’engage un peu, maintenant que c’est écrit.
Le Portugal, on y vit
Deux ans de van à temps plein, et l'Algarve comme port d'attache depuis. On continue de partir, en van ou autrement, et on raconte ce qu'on trouve en chemin. Un e-mail quand on a quelque chose à dire, pas plus.
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