Notre avis sur Church of the Holy Rude
Avantages
- Une des rares charpentes médiévales encore en place en Écosse
- Le vieux cimetière derrière, exactement l'image du kirkyard écossais
- Le panorama depuis Ladies' Rock, tout au fond, en accès libre
- Littéralement sur le chemin du château, aucun détour
Inconvénients
- L'entrée de l'église est payante et l'extérieur ne laisse rien deviner
- Ouverte aux visiteurs seulement de fin mars à début novembre
- Beaucoup de passage dans le cimetière, difficile d'y être seul
À qui s'adresse ce lieu ?
- Ceux qui montent au château et veulent une vraie étape en chemin
- Amateurs d'architecture médiévale et de vieilles pierres
- Photographes, pour le cimetière avec le château au fond
L'extérieur ne promet rien, l'intérieur et le cimetière valent largement l'arrêt dans la montée vers le château.
On est montés à Stirling pour voir une église. On a fini par passer le plus clair de notre temps dans son cimetière, et honnêtement, on ne s’en excuse même pas.
La Church of the Holy Rude, elle est sur St John Street, dans la partie haute de la vieille ville, juste avant le château. Vous ne pouvez pas la rater : quand vous grimpez depuis le centre, entre les murets couverts de mousse et les lampadaires noirs à lanterne, c’est le gros édifice de pierre qui vous barre l’horizon. On l’avait repérée d’en bas sans savoir ce que c’était. On est entrés un peu par curiosité, un peu parce que c’était sur le chemin, et pas du tout en sachant ce qui nous attendait dedans.
Spoiler : c’est le genre d’endroit où on entre pour cinq minutes et où on ressort quarante minutes plus tard, avec un torticolis.
Déjà, ce n’est pas une cathédrale
On le précise tout de suite parce qu’on s’est fait la réflexion sur place, et parce qu’à peu près tout le monde qui la voit de loin se dit la même chose. La Holy Rude n’est pas une cathédrale, c’est l’église paroissiale de Stirling, tout simplement. Une paroisse fondée en 1129 sous David Ier, et qui fonctionne encore aujourd’hui : le jour de notre passage, la nef était pleine.
Le nom, lui, mérite deux secondes. « Rude » n’a rien à voir avec l’anglais moderne, c’est le vieux mot écossais pour rood, la Croix. Church of the Holy Rude, c’est donc l’église de la Sainte-Croix. Un autel dédié à la Holy Rude y a été fondé par Robert II, et le nom est resté à tout le bâtiment. Un détail qui change tout quand on essaie de comprendre ce qu’on visite.
Le bâtiment qu’on voit aujourd’hui n’est pas celui de 1129. En 1405, un incendie a ravagé une bonne partie de la vieille ville de Stirling, l’église comprise. On a reconstruit derrière : la nef à partir de 1414, le chœur commencé en 1507, la tour montée à sa hauteur actuelle vers 1530. Si vous voulez le contexte complet de la ville et de la montée vers le château, on en parle dans notre guide de Stirling en road-trip.
L’intérieur, et le plafond qu’on n’avait pas vu venir
Voilà le vrai sujet. De l’extérieur, la Holy Rude est belle mais austère : de la pierre grise, une tour carrée crénelée, un cimetière autour. Rien qui prépare à ce qu’il y a dedans. On pousse la porte, on lève la tête, et il y a ce plafond de bois entièrement apparent, charpente et poutres brutes, posé au-dessus des arches de pierre. Une atmosphère qui n’a franchement rien à voir avec ce que la façade laissait imaginer.
Et là, la petite fierté du voyageur qui se documente en rentrant. Cette impression de « ce plafond n’est pas ordinaire », elle est parfaitement fondée : l’inventaire du RCAHMS, la référence officielle sur le patrimoine bâti écossais, décrit une charpente de neuf fermes principales et écrit noir sur blanc qu’elle est l’une des rares charpentes médiévales encore en place en Écosse. Elle a été montée peu après 1450. Le Scotland’s Churches Trust dit exactement la même chose. Ce n’est pas une jolie boiserie de restauration, c’est du bois du XVe siècle qui tient toujours le toit.
Petite mise au point au passage, parce qu’on l’a lue plusieurs fois et qu’elle ne tient pas tout à fait : certains présentent cette charpente comme « la plus vieille charpente à hammerbeam d’Écosse ». Le relevé du RCAHMS décrit des fermes à entrait, poinçon et arbalétriers, ce qui n’est pas une charpente à hammerbeam. La rareté est bien réelle, la formule est juste inexacte. On préfère vous donner la version sourcée.
Le reste suit : les vitraux, très colorés, qui viennent trouer la pénombre, et les grandes arches en enfilade qui donnent au vaisseau une hauteur qu’on n’attendait pas dans une église de paroisse. Franchement, c’est ce moment-là qui a fait basculer la visite de « tiens, une église » à « bon, on reste ».
Un bébé de treize mois couronné roi d’Écosse, ici même
Le 29 juillet 1567, Marie Stuart venait d’être forcée d’abdiquer. Son fils, le futur Jacques VI, avait treize mois. Il a été couronné roi d’Écosse dans cette église, avec un sermon de John Knox, la grande figure de la Réforme écossaise. Le même Jacques VI qui deviendra Jacques Ier d’Angleterre en 1603 et réunira les deux couronnes. Autant dire qu’on marchait sur un sol un peu chargé sans le savoir.
Maintenant, la phrase qui circule partout et qu’on ne reprendra pas : « la Holy Rude est, avec Westminster Abbey, l’une des deux seules églises du Royaume-Uni à avoir accueilli un couronnement et à être encore en activité ». C’est faux, ou en tout cas incomplet. Elles sont trois, pas deux : Westminster Abbey, la cathédrale de Gloucester (couronnement d’Henri III en 1216) et la Holy Rude. Le site officiel de la paroisse écrit d’ailleurs la version prudente et exacte : la seule église d’Écosse à avoir accueilli un couronnement et à être encore en usage. C’est déjà largement suffisant, on n’a pas besoin d’en rajouter.
Le mur qui a coupé l’église en deux pendant presque trois siècles
Celle-là, on ne l’avait pas vue venir non plus. En 1656, à la suite d’une brouille entre le pasteur de Stirling James Guthrie et un confrère, on a construit un mur en travers de l’église, séparant la nef du chœur. Deux bâtiments, deux congrégations, sous le même toit, chacune de son côté de la cloison. Guthrie finira exécuté pour trahison à Édimbourg en 1661.
Le mur, lui, est resté debout jusqu’en 1935. Presque trois cents ans. Les deux moitiés ont été réunies, puis le bâtiment a été restauré entre 1936 et 1940 par l’architecte James Miller. Quand on traverse aujourd’hui d’un bout à l’autre du vaisseau sans obstacle, on ne se doute pas une seconde qu’on fait un geste impossible pendant dix générations.
Autre chose à regarder, dehors cette fois : la maçonnerie de la tour est criblée de petits impacts. On les voit très bien sur nos photos, avec un amas net sur la face basse. La croyance locale les attribue aux tirs depuis le château, notamment pendant le siège de 1651 par les troupes de Cromwell. Honnêtement, on va rester prudents : le RCAHMS mentionne bien ce piquetage, mais conclut que cette explication « ne peut guère être acceptée comme complète ». Les marques sont là, leur origine reste discutée.
Derrière l’église, l’herbe a gagné
Et donc, le cimetière. C’est là qu’on a passé le plus de temps, et c’est là que Stirling nous a le plus dépaysés. Un cimetière écossais, ça ne ressemble à rien de ce qu’on connaît en France ou au Portugal : pas d’allées de gravier ratissées, pas d’alignement au cordeau, pas de plaques brillantes. Ici c’est l’herbe qui commande. Elle pousse autour des tombes, contre les stèles, parfois par-dessus. Tout a l’air en train de retourner tranquillement au paysage.
Les grandes dalles gravées penchent, se couvrent de lichen, s’inclinent les unes vers les autres. Certaines ont carrément basculé. Et au fond, par-dessus les pierres, on aperçoit le château de Stirling qui domine la scène. On comprend en trois secondes pourquoi ce cimetière finit sur autant de photos : c’est exactement l’image qu’on se fait d’un vieux cimetière écossais, sauf qu’on est dedans.
Ce qui nous a plu, c’est que ce ne sont pas des tombes anonymes. On lit les métiers, les vies. Une stèle rend hommage à John MacFarlane, cocher. Une autre, sobre et blanche, est une pierre du Commonwealth : sergent G. Dougall, Machine Gun Corps, 27 mars 1919, mort après l’armistice. On traverse une allée d’herbe et on tombe sur ça, entre deux photos de paysage.
Les dates qu’on lit sur les pierres, et celles qui ont disparu
C’est le moment où le lieu devient concret. On s’est arrêtés à lire les inscriptions, une par une, et on est tombés sur plusieurs dates du XIXe siècle, 1829, 1849, et au moins une pierre portant 1728. Ce ne sont pas des tombes qui « ont l’air » anciennes : on lit la date, on fait le calcul, et on réalise qu’on a presque trois siècles sous les yeux.
Pour situer, les sources locales datent la plus ancienne stèle encore lisible du kirkyard de 1579. Autrement dit, ce qu’on lisait était loin d’être le record du lieu. Et beaucoup d’autres pierres ne diront plus jamais rien : le grès écossais s’érode vite sous cette humidité, les lettres s’effacent, et certaines dalles sont totalement muettes. On ne saura pas qui est dessous ni de quand ça date.
Détail qui contredit joliment l’ambiance : au milieu de tout ça, des touffes d’anémones du Japon en pleine floraison, roses et blanches, poussées librement contre les stèles. Un cimetière écossais en août, ce n’est pas gris. C’est vert, et par endroits, c’est fleuri.
Il y a deux cimetières, en fait
Une précision qui nous a occupés un moment, parce que sur place on ne comprend pas tout de suite. Ce qu’on appelle « le cimetière de la Holy Rude » est en réalité deux ensembles collés l’un à l’autre. Le vieux kirkyard, celui qui touche l’église, où l’herbe a effectivement tout envahi. Et en contrebas, une immense étendue de rangées bien ordonnées, avec des allées dessinées : ce n’est pas le même.
Celui du bas, c’est le Valley Cemetery, ouvert en 1857-58 parce que le kirkyard de l’église était tellement saturé qu’on dérangeait les anciennes tombes pour en creuser de nouvelles. Il a été dessiné volontairement comme un jardin d’agrément, dans le style victorien dit gardenesque, avec ses monuments, sa Pyramide de l’Étoile et son monument aux martyrs. L’ensemble porte aujourd’hui le nom d’Old Town Cemetery. Ça explique pourquoi, en quelques mètres, on passe du chaos romantique à l’ordre victorien.
Le vrai conseil : allez jusqu’au banc, tout au fond
Si vous ne devez retenir qu’une chose de cette page, c’est celle-ci. Ne vous contentez pas de traverser les premières rangées de tombes en direction du château. Continuez, montez, allez jusqu’à la toute fin du cimetière. Il y a là une butte rocheuse, avec un petit banc posé en haut, et une vue sur la vallée et les collines des Ochils qui vaut à elle seule la montée.
Et on a découvert après coup qu’on n’avait rien inventé. Cette butte a un nom : c’est Ladies’ Rock, le Rocher des Dames. C’était le point de vue depuis lequel les dames de la cour regardaient les tournois qui se tenaient dans la vallée en contrebas, entre l’église et le château. On y est montés parce que ça grimpait et qu’on voulait voir plus loin. Cinq siècles plus tôt, on y montait exactement pour la même raison.
Reste l’ironie du lieu, qu’on a remarquée en même temps qu’on l’alimentait. Difficile de prétendre que les défunts reposent en paix ici, vu le nombre de gens qui traversent, s’arrêtent, cadrent et déclenchent. Nous compris, évidemment. Certains occupants des lieux doivent finir involontairement sur un nombre invraisemblable de photos Instagram.
Et puis Xavier a résumé la chose à sa façon, devant le panorama : « Je pense qu’il y a des gens qui seraient prêts à mourir pour venir passer l’éternité dans ce cimetière. Mais vraiment : à perdre la vie pour pouvoir venir passer l’éternité ici. »
À qui ça s’adresse
- À tous ceux qui montent au château : c’est littéralement sur le chemin, entre la vieille ville et l’entrée du site. Zéro détour, et ça découpe la montée en deux.
- Aux amateurs de vieilles pierres : une charpente médiévale encore en place en Écosse, ça ne se croise pas tous les jours.
- Aux photographes : le cimetière par temps gris, avec le château au fond, c’est un décor livré clés en main.
- Beaucoup moins si vous voyagez avec des enfants pressés ou si vous n’avez qu’une heure à Stirling. Dans ce cas, faites au moins le cimetière, il est en accès libre.
Et pendant que vous êtes à Stirling
La Holy Rude est sur la même montée que le Settle Inn, le pub qui se présente comme le plus vieux de Stirling. C’est à quelques centaines de mètres, en redescendant vers St Mary’s Wynd, et c’est exactement le bon ordre : les pierres d’abord, la pinte après.
Settle Inn, le plus vieux pub de Stirling (et les dix secondes où on s’est demandé ce qu’on faisait là)
Le pub le plus ancien de Stirling, au 91 St Mary's Wynd, dans la montée vers le château. Bâtiment de 1733 classé, ancien Red Lion Inn dont le lion sculpté...
Lire la suiteEt si vous dormez sur place, on a passé deux nuits à l’Allan Park, en bas de la vieille ville, dans un bâtiment géorgien classé. Huit chambres, une équipe qu’on n’a pas oubliée.
L’Allan Park Hotel, le pub-hôtel de Stirling où on a enfin fait une vraie nuit
Notre avis sur l'Allan Park Hotel, un georgien classe de 1818 en plein centre de Stirling qui fait aussi pub et restaurant. Huit chambres, une equipe en or, et la...
Lire la suiteLe reste de l’étape, la montée par Spittal Street et St John Street, l’ancienne prison, le château et ce qu’on a pensé de la ville en revenant quatre ans après, c’est dans notre guide complet de Stirling.
Infos pratiques
La Church of the Holy Rude : vos questions avant d'y monter
Holy Rude ou Holyrood, c'est la même chose ?
C'est le même nom, et c'est exactement la confusion qu'on a failli faire. Rude et rood sont deux graphies du même vieux mot pour la Croix : la Sainte-Croix. Et les deux fondations sont quasiment jumelles, puisqu'elles sont l'oeuvre du même roi, David Ier : l'abbaye de Holyrood à Édimbourg en 1128, la Church of the Holy Rude à Stirling en 1129. Un an d'écart. Ce sont en revanche deux lieux totalement distincts, à une soixantaine de kilomètres l'un de l'autre : Holyrood, aujourd'hui, c'est le palais et le Parlement écossais à Édimbourg, alors que la Holy Rude est l'église paroissiale de Stirling.
Combien de temps faut-il prévoir sur place ?
Comptez une heure à une heure et quart pour faire les choses correctement. L'intérieur de l'église seul nous a pris une quarantaine de minutes en visite libre, et les visites guidées proposées sur place durent 30 à 40 minutes. Ajoutez ensuite 20 à 30 minutes pour le cimetière et la montée jusqu'à Ladies' Rock, qui est la partie qu'on aurait bêtement pu zapper. Si vous enchaînez avec le château dans la foulée, prévoyez large : la Holy Rude est le genre d'étape qui fait déraper un planning.
Faut-il réserver, et comment on paie ?
Aucune réservation n'est nécessaire pour une visite individuelle, on paie directement à la porte. Toutes les grandes cartes bancaires sont acceptées, sans minimum d'achat, et les espèces passent aussi. La réservation en ligne existe surtout pour les groupes et les tour-opérateurs. Bon à savoir si vous ne parlez pas anglais : de courts guides de visite sont disponibles en 88 langues à l'accueil.
Peut-on la visiter un dimanche matin ?
Non, et c'est un piège classique. Le dimanche, l'accès aux visiteurs ne commence qu'à 12h30, la matinée étant réservée au culte. C'est une paroisse en activité avant d'être un site touristique. On y est passés un dimanche d'août et la nef était pleine, ce qui donne d'ailleurs une image du lieu assez différente de celle d'une église vide qu'on traverse en silence. À noter aussi : la navette Park and Ride de Castleview ne circule pas le dimanche.
Et en hiver, entre novembre et mars ?
L'église ferme ses portes aux visiteurs en dehors de la saison, qui court de fin mars à début novembre. Vous ne verrez donc ni la charpente, ni les vitraux, ni le choeur si vous passez à Stirling en janvier. En revanche, le cimetière reste accessible librement toute l'année, et c'est déjà une bonne moitié de l'intérêt du lieu. Et la paroisse, elle, continue de célébrer le culte le dimanche.
Le cimetière est-il payant lui aussi ?
Non. Le billet ne concerne que l'intérieur de l'église. Le cimetière, le vieux kirkyard comme la partie basse ordonnée, et Ladies' Rock avec son banc et sa vue sur la vallée, sont en accès libre. C'est notre conseil pour ceux qui n'ont qu'une heure à Stirling ou qui voyagent à plusieurs avec un budget serré : faites au moins le cimetière, il ne coûte rien et c'est lui qui donne le dépaysement.
C'est accessible en fauteuil ou avec une poussette ?
L'intérieur de l'église, oui. Le parcours de visite se fait de plain-pied, il reste quelques marches mais des rampes sont en place. Le cimetière, en revanche, est une autre histoire : c'est de l'herbe, c'est en pente, les allées du vieux kirkyard sont irrégulières, et la montée jusqu'à Ladies' Rock se fait par un sentier de terre. Faisable avec une poussette tout-terrain et de la motivation, compliqué en fauteuil.
Où se garer quand on monte à la Holy Rude ?
Il n'y a aucun parking à l'église, et c'est le point noir du secteur. Un stationnement de rue limité existe à proximité, sur Spittal Street, St John Street, Broad Street et St Mary's Wynd, plus loin sur Baker Street et le long d'Upper Castle Hill au nord du château. Autant dire que c'est vite plein en été. La solution la plus sereine reste le Park and Ride de Castleview, avec descente à l'Old Town Jail et deux minutes de marche jusqu'à l'entrée. Attention, il ne fonctionne qu'en semaine. Et de toute façon, la vieille ville de Stirling se fait très bien à pied depuis le centre.
Y a-t-il des toilettes, un café, du wifi ?
Pas de toilettes dans l'église, le personnel vous orientera vers les plus proches. Pas de café non plus sur place, mais des rafraîchissements sont servis à Cowane's Hospital, le bâtiment juste en face. Il y a en revanche du wifi gratuit, dont le mot de passe se demande à l'accueil, une petite boutique de souvenirs de production locale, et les chiens tenus en laisse sont les bienvenus.
PS : on était montés voir un château. On a mis un temps fou à y arriver parce qu’on s’est arrêtés dans une église qu’on n’avait pas prévue, puis dans son cimetière, puis sur un rocher au fond du cimetière. C’est exactement comme ça que se passent nos meilleures journées, et c’est exactement pour ça qu’on ne planifie plus grand-chose.