Homme attable avec une tasse dans un van en flammes, parodie It is fine, vivre sans gaz

Vivre sans gaz dans son van : on a tout sauf ça (et voilà pourquoi on y pense quand même)

Aménagement & Bricolage Caroline et Xavier 16 min
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En deux mots : oui, on peut vivre dans un van ou un camping-car sans une seule bouteille de gaz. L’induction remplace les feux, le chauffage au diesel remplace le Truma, le frigo à compression remplace l’absorption, et l’eau chaude passe à l’électrique. Bonus que personne ne te dit : pas de gaz, ça simplifie l’homologation VASP (et ça t’évite le contrôle gaz). Mais soyons honnêtes deux secondes sur le prix à payer en batterie, en solaire et en hiver.

Bon, autant te le dire tout de suite, et ça va peut-être te surprendre venant de nous : nous, on a le gaz. Notre Hymer Édouard cuisine au gaz, chauffe au gaz, et le frigo tourne au gaz une bonne partie de l’année. Donc quand je te parle de « vivre sans gaz », je ne te parle pas depuis mon petit nuage de gars qui a tout réussi du premier coup. Je te parle depuis l’autre côté, celui qui s’est pris toutes les galères du gaz dans la figure et qui, justement pour ça, regarde le tout-électrique avec des yeux de Chimène.

Parce que la vraie question n’est pas « est-ce que c’est possible » (la réponse est oui, des gens le font), mais plutôt « est-ce que ça vaut le coup pour toi ». Et ça, ça dépend de comment tu cuisines, d’où tu roules en hiver, et de combien tu es prêt à mettre dans des batteries. On va décortiquer les quatre fonctions que le gaz assure dans un van (cuisson, chauffage, frigo, eau chaude), la fameuse homologation VASP sans gaz, et le bilan honnête à la fin. Promis, je ne te vends rien.

Pourquoi vouloir se passer du gaz dans son van ?

Il y a la raison qu’on met en avant dans les articles (la sécurité) et il y a celle qu’on vit vraiment sur la route (la logistique). Commençons par celle qu’on vit.

Notre premier vrai déclic anti-gaz, c’était à Porto, notre premier hiver. On descend au Portugal tout content, et là, impossible de recharger nos bouteilles. On avait des bouteilles françaises, et une bouteille française, ça ne se recharge pas comme ça de l’autre côté de la frontière (chaque pays a son système, ses consignes, ses standards). Tu te retrouves bête, avec ton chauffage et ta cuisinière qui dépendent d’un truc que tu ne peux pas remplir. Voilà le moment exact où on s’est dit : le gaz, c’est embêtant.

S’en est suivie une petite saga dont je ne suis pas spécialement fier. Pour se dépanner, on a acheté une de ces bouteilles hybrides rechargeables, tu sais, une bouteille classique avec une entrée pour y plugger un pistolet de GPL à la pompe. Sauf que dès qu’on s’est présenté en station, refus catégorique : « Non, nous on ne vous remplit pas ça. » Et ils ont raison, c’est interdit (remplir soi-même une bouteille mobile sans point de remplissage fixe et homologué à l’extérieur du véhicule, c’est non). Bilan : une bouteille de gaz achetée pour rien. Si tu veux la version courte de la leçon, la voici : avec le gaz, le bricolage te coûte toujours plus cher que prévu.

On a fini par faire installer un vrai GPL avec sortie extérieure homologuée, et franchement, pour qui roule à l’année, le GPL reste une bonne solution. Mais même là, surprise : il faut un embout différent par pays. Le raccord français ne rentre pas au Portugal, qui n’est pas celui d’Espagne, qui n’est pas celui d’Italie, qui n’est pas celui du Royaume-Uni. On trimballe un petit sachet d’adaptateurs comme d’autres trimballent des chargeurs de téléphone. C’est ça, la réalité du gaz en voyage : ça marche, mais ça t’occupe.

Et puis il y a la sécurité, la vraie, celle qu’on a tendance à oublier parce que « ça n’arrive qu’aux autres » :

Le gaz en espace confiné : une fuite de GPL est plus lourde que l’air, elle stagne au sol de la cellule. Ajoute une combustion mal ventilée et tu produis du monoxyde de carbone, inodore, qui peut t’endormir pour de bon. Chaque hiver, des intoxications au CO en camping-car finissent mal.
Ce que le sans-gaz enlève : plus de bonbonne qui se vide pile le dimanche soir, plus de détecteur de fuite à surveiller, plus de robinet à fermer avant de rouler, plus de contrôle gaz récurrent. La tranquillité, c’est aussi une fonction.

Bref, on ne se passe pas du gaz par idéologie écolo (encore que), mais parce que c’est un point de dépendance et de stress en moins. Reste à voir ce que ça coûte de le remplacer, fonction par fonction.

Homologation VASP sans gaz : le vrai du faux

Alors là, accroche-toi, parce que c’est LE sujet sur lequel circulent le plus de bêtises, et c’est aussi (avoue) la raison pour laquelle beaucoup d’entre vous atterrissent ici.

Première vérité qui en surprend plus d’un : le gaz n’est pas obligatoire pour homologuer ton véhicule en VASP (Véhicule Automoteur Spécialisé, la mention « caravane » sur la carte grise). La réglementation impose un certain nombre de fonctions à bord d’un habitable (couchage, assise, table, rangement, et de quoi cuisiner), mais nulle part il n’est écrit « ça doit être au gaz ». Une plaque à induction fixée et une installation électrique propre cochent la case « cuisson » sans souci.

Deuxième vérité, et c’est là qu’on tord le cou à un mythe qui traîne partout : non, tu n’évites pas tout contrôle. Certains te jurent que sans flamme, plus aucune visite n’est nécessaire. C’est faux, ou en tout cas dangereusement raccourci. L’organisme agréé qui valide ton aménagement (type Qualigaz, Bureau Veritas) ne regarde pas QUE le circuit gaz : il vérifie aussi la ventilation et les issues de secours de la cellule, qui relèvent de leurs propres normes (la NF EN 721 pour l’aération, la NF EN 1646 pour les sorties). Le document de conformité qu’il délivre fait partie du dossier que tu déposes à la DREAL (ou la DRIEAT en Île-de-France). Donc : pas de gaz = pas de partie « gaz » à contrôler, mais il reste une visite de conformité de l’habitacle. Compte en gros 200 à 450 euros selon l’organisme et ta région.

Le vrai gain côté paperasse, il est donc à nuancer en France : tu supprimes la partie gaz du contrôle (et tout le côté « il faut refaire vérifier mon installation gaz »), mais pas la visite de l’habitacle. C’est déjà ça de pris, et c’est surtout zéro entretien gaz à vie. Nous, pour la petite histoire, on n’a jamais eu de contrôle gaz de notre côté, mais ne prends pas ça pour argent comptant : selon ton pays et ton usage (et si un jour tu loues ton van), les règles changent vite.

Tu hésites à le faire ? L’homologation VASP est une étape à part entière d’un projet d’aménagement. On en parle dans notre guide des étapes de conversion d’un van, et côté couverture, pense à vérifier ce que ton contrat couvre selon que ton véhicule est VASP ou non dans notre article sur l’assurance en vanlife.

Cuisiner sans gaz : l’induction au quotidien

Je vais être honnête sur cette partie, parce que c’est important : nous, on cuisine au gaz, sur une bonne vieille plaque trois feux d’origine dans Édouard. On n’a jamais fait le grand saut de l’induction au long cours. Le seul « élec » qu’on ait pratiqué, c’est brancher de temps en temps un petit barbecue électrique sur notre batterie EcoFlow (la Delta 2 à l’époque), et encore, rarement. Donc ce qui suit, c’est de l’analyse honnête, pas un « regarde comme j’ai réussi ».

Le principe de l’induction, c’est qu’elle chauffe la casserole directement par champ magnétique, sans flamme et avec un rendement excellent (plus de 80% de l’énergie part dans la bouffe, contre la moitié pour le gaz qui chauffe surtout l’air autour). Le hic, c’est la puissance instantanée qu’elle réclame : une plaque à induction tire facilement 1500 à 2000 watts quand elle pousse. Et 2000 watts, pour une batterie de van, c’est énorme sur l’instant.

Concrètement, voilà ce que ça implique : tu ne peux pas faire de l’induction sérieuse avec trois bricoles. Il te faut une batterie au lithium conséquente (compte 200 à 300 Ah de LiFePO4 minimum si tu veux cuisiner sans angoisse), un convertisseur pur sinus costaud (2000 W au moins), et de quoi recharger derrière (solaire, alternateur). La bonne nouvelle, c’est qu’un repas, ça ne dure pas trois heures : faire revenir des oignons, cuire des pâtes ou pousser une plancha, c’est quelques minutes à pleine puissance, puis tu redescends. Sur la journée, la cuisson pèse moins lourd que ce qu’on imagine.

Ce qui passe à l’induction : tout ce qui est rapide et tout ce qui est mijoté à feu doux. Ce qui passe moins bien : la cuisine « à la flamme », le wok qui hurle, et le confort psychologique de pouvoir cuisiner même quand la batterie est à plat (avec le gaz, tant qu’il reste une bouteille, tu manges chaud). Beaucoup de nomades tout-élec finissent d’ailleurs en mode « une casserole, un multicuiseur, un air-fryer », et s’en portent très bien. C’est un changement d’habitudes plus qu’une privation.

supprimer gaz cuisson camping-car

Chauffer sans gaz : le diesel, roi de l’hiver

Le chauffage, c’est le poste où le gaz a longtemps été imbattable, et c’est aussi celui où l’alternative est aujourd’hui la plus convaincante. Chez nous, c’est un chauffage Truma au gaz, et je vais être franc : ça marche très, très bien. Notre seul souci n’a rien à voir avec le gaz, c’est que nos gaines de diffusion d’air sont percées, du coup la chaleur part parfois plus dans les soutes que dans l’habitacle (un grand classique du camping-car d’occasion).

Si on devait refaire l’installation à zéro et virer le gaz, on partirait sans hésiter sur le chauffage autonome au diesel. L’idée est géniale : il puise dans ton réservoir de carburant (le même que celui qui te fait avancer), consomme très peu d’électricité (juste pour la soufflerie et l’allumage) et te sort une chaleur sèche et puissante. Un plein de gasoil, et tu as de quoi te chauffer des semaines. Voici les options, du plus connu au plus malin.

Le chauffage diesel à air (Webasto, Autoterm, Planar)

C’est la référence. Un petit boîtier sous le plancher ou dans une soute, qui aspire l’air de la cellule, le réchauffe et le souffle via des bouches. Webasto et Eberspächer sont les marques historiques (chères mais increvables), Autoterm (ex-Planar) offre un excellent rapport qualité-prix, et les fameux « chauffages chinois » à 150 euros font le buzz parce qu’ils chauffent vraiment, même si la finition et la sécurité sont plus aléatoires.

Une chaleur immédiate et sèche, une autonomie monstrueuse (ton réservoir de gasoil), une conso électrique ridicule, et zéro bouteille à gérer. C’est la solution qui rend le vrai hivernage possible sans dépendre du gaz.

Le combiné diesel air + eau chaude (Truma Combi D, Autoterm Flow)

La version deux-en-un : le même appareil te chauffe l’habitacle ET produit ton eau chaude, toujours au diesel. C’est l’équivalent direct du Truma Combi gaz que beaucoup connaissent, mais sans la bouteille. Plus cher à l’achat, mais tu règles le chauffage et l’eau chaude d’un coup, ce qui est précisément deux des quatre fonctions du gaz.

Les solutions électriques (et celles de grand-mère)

Tu peux aussi chauffer à l’électrique pur (radiateur soufflant, voire une clim réversible type pompe à chaleur), mais là, attention à la facture énergétique : chauffer à la résistance électrique, c’est le moyen le plus glouton qui soit pour une batterie. Ça dépanne au camping branché sur le 230 V, ça ne tient pas une nuit d’hiver en autonomie. Et puis il y a les classiques qui ne consomment rien : une bonne isolation, des rideaux thermiques, un duvet sérieux et le réflexe que je te donne gratuitement, choisir où tu passes l’hiver.

Notre vraie « technique de chauffage », c’est d’ailleurs la géographie : on descend dans le Sud en hiver, là où il fait frais mais pas froid, ce qui nous évite de trop solliciter le chauffage. Et inversement l’été, on remonte vers le Nord, ce qu’on raconte dans notre guide pour éviter la chaleur en vanlife.

Le frigo : compression contre absorption (le vrai match)

Si tu retiens une seule chose technique de cet article, que ce soit celle-là, parce que c’est là que le sans-gaz se joue vraiment au quotidien.

Il existe deux grandes familles de frigos en camping-car. Le frigo à absorption (dit trimix), qui peut fonctionner au gaz, en 12V ou en 230V. C’est ce qu’on a chez nous. Et le frigo à compression, qui ne fonctionne qu’à l’électricité (comme celui de ta cuisine, en plus petit). Et entre les deux, ce n’est pas un match équilibré dès qu’on parle d’autonomie.

L’absorption, c’est silencieux et ça tolère mal la chaleur (au-delà de 30 degrés dehors, ton trimix peine à descendre en température). Surtout, en mode 12V, il est tellement gourmand qu’il vide une batterie en quelques heures, c’est pour ça qu’on le fait tourner au gaz en roulant et à l’arrêt. Le frigo à compression, lui, est beaucoup plus économe en électricité (un bon modèle tourne autour de 30 à 40 Ah par jour), il garde sa puissance même en pleine canicule, et il se moque pas mal de l’inclinaison du véhicule. C’est le seul choix cohérent dès qu’on supprime le gaz.

Test, avis et Code Promo Glacière Ecoflow (GLACIER)

Petite parenthèse sur notre bidouille perso, parce que je suis assez fier de celle-là. Pour soulager notre trimix l’été sans le passer au gaz, je me suis monté deux réseaux électriques séparés : le réseau d’origine du camping-car, et un second réseau indépendant alimenté par 450 W de panneaux solaires. Quand le soleil tape fort le midi, je réinjecte mon réseau secondaire dans le réseau principal via la prise extérieure (celle qu’on branche en camping), et hop, le frigo passe à l’électrique solaire le temps des heures chaudes. C’est du système D, mais ça illustre bien l’idée : avec du solaire et un peu d’astuce, on peut déjà commencer à débrancher le gaz.

Schéma d installation solaire pour camping-car : panneau solaire, régulateur MPPT, batterie lithium et convertisseur dans un van aménagé

Si tu veux creuser le dimensionnement de tout ça (combien de panneaux, quelle batterie, quelle station), on a deux articles dédiés à ne pas refaire ici : gérer son électricité en camping sauvage et notre comparatif pour choisir sa station électrique portable.

L’eau chaude sans gaz : moins compliqué qu’on croit

C’est la fonction qu’on oublie toujours et pourtant, une douche chaude après une journée de rando, ça n’a pas de prix. Bonne nouvelle : se passer du gaz pour l’eau chaude est sans doute le plus simple des quatre.

Première option, le chauffe-eau électrique dédié (Truma Therme, Elgena Nautic) : un petit ballon de quelques litres que tu chauffes sur le 230 V quand tu es branché ou que ta batterie le permet. Simple, fiable, mais énergivore si tu veux de l’eau chaude en pleine autonomie.

Deuxième option, et c’est la plus maligne, le combiné diesel air + eau dont je te parlais plus haut (Truma Combi D, Autoterm Flow). Puisque ton chauffage diesel tourne déjà, autant qu’il te produise l’eau chaude au passage : tu mutualises une seule source d’énergie (le gasoil) pour deux fonctions. C’est, à mon sens, la combinaison gagnante d’un van vraiment sans gaz.

Troisième option pour les budgets serrés ou les beaux jours, les solutions d’appoint pures : un chauffe-eau qui récupère la chaleur du moteur quand tu roules (échangeur thermique), une douche solaire posée sur le toit qui te donne une eau tiède gratuite l’après-midi, ou tout bêtement faire chauffer de l’eau dans une casserole sur l’induction. Pas glamour, mais ça dépanne plus souvent qu’on ne l’avoue.

Le bilan honnête : autonomie, poids, budget, hiver

Maintenant qu’on a vu chaque fonction, posons les choses froidement, parce que je déteste les articles qui te vendent le rêve sans te montrer l’addition.

Le premier truc à digérer, c’est la densité énergétique du gaz. Une bouteille de 13 kg, c’est l’équivalent d’environ 80 à 90 kWh d’énergie, pour 15 euros et 13 kilos. Pour stocker autant dans des batteries lithium, il te faudrait l’équivalent de plusieurs milliers d’euros de cellules et un poids comparable. Autrement dit : le gaz est imbattable en pur stockage. Le sans-gaz ne gagne pas sur ce terrain, il gagne sur tous les autres (sécurité, simplicité, zéro recharge à la frontière, zéro entretien).

Côté budget, une installation tout-électrique sérieuse (grosse batterie LiFePO4, convertisseur pur sinus, panneaux solaires généreux, chauffage diesel, frigo compression) se chiffre vite à plusieurs milliers d’euros, là où une install gaz classique coûte une fraction de ça. Mais c’est un investissement qui s’amortit sur le long terme et qui, surtout, prend toute sa valeur si tu vis dans ton van à l’année et que tu cherches l’autonomie totale.

Et l’hiver, soyons clairs : c’est le juge de paix. Par temps gris et froid, tes panneaux produisent une misère pile au moment où tu consommes le plus (chauffage, lumière, frigo qui tourne). Le tout-électrique pur en plein hiver nordique sans rouler ni te brancher, c’est une équation qui ne tombe pas juste. C’est exactement pour ça que le chauffage diesel change tout : il te sort de la dépendance à la batterie pour la fonction la plus vorace.

Alors, qu’est-ce qu’on ferait, nous ? Je vais te dire le fond de ma pensée. Notre rêve, le vrai, celui qui nous ferait repartir sur la route bien plus longtemps, c’est le tout-électrique et toilettes sèches (virer la cassette WC et le gaz d’un coup, pour une autonomie de plusieurs jours posés sur un spot en slow travel, pendant que les panneaux rechargent tout). Je sais très bien que c’est encore un peu une utopie avec la techno solaire d’aujourd’hui, il faudrait des panneaux ultra-performants. Mais c’est clairement la direction. Si tu pars sur un aménagement neuf aujourd’hui, fais-toi plaisir, vise le sans-gaz dès le départ, tu ne reviendras pas en arrière. Et si comme nous tu as déjà le gaz, commence par le grignoter (un frigo compression par-ci, une plaque induction d’appoint par-là), avant de tout basculer.

Le gaz et ses alternatives, fonction par fonction

Ce qu'il faut pour remplacer chacune des quatre fonctions du gaz, et ce que ça change vraiment au quotidien.

FonctionLa solution sans gazÉnergie élec requiseBudget indicatifVerdict hiver
Cuisson Plaque à induction (+ multicuiseur, air-fryer en renfort) Élevée sur l'instant (1500-2000 W), faible sur la journée 100-300 € Sans souci (cuisson rapide)
Chauffage Chauffage autonome au diesel (Webasto, Autoterm, Truma Combi D) Très faible (juste soufflerie + allumage) 250-1500 € Excellent (l'arme de l'hiver)
Frigo Frigo à compression (oubliez l'absorption/trimix) Modérée et constante (~30-40 Ah/jour) 300-900 € Très bon (consomme peu)
Eau chaude Chauffe-eau électrique ou combiné diesel air + eau Élevée si pur électrique, faible si combiné diesel 150-1200 € Variable (combiné diesel conseillé)

Budgets indicatifs hors pose et hors batterie/solaire (le vrai gros poste d'un van sans gaz). À pondérer selon votre usage : week-end branché au camping ou autonomie totale à l'année.

Vivre sans gaz en van : vos questions

Le gaz est-il obligatoire pour homologuer un van en VASP ?

Non. La réglementation impose des fonctions à bord d'un véhicule habitable (couchage, assise, table, rangement, un moyen de cuisson), mais nulle part il n'est écrit que la cuisson doit être au gaz. Une plaque à induction fixée et une installation électrique aux normes cochent la case sans problème.

Sans gaz, faut-il quand même passer un contrôle de conformité ?

Oui. C'est le grand malentendu : sans circuit gaz, il n'y a plus de partie gaz à contrôler, mais l'organisme agréé (type Qualigaz, Bureau Veritas) vérifie aussi la ventilation (norme NF EN 721) et les issues de secours (NF EN 1646) de la cellule. Son document de conformité fait partie du dossier déposé à la DREAL. Comptez environ 200 à 450 euros.

Combien coûte une installation tout-électrique pour remplacer le gaz ?

Une installation sérieuse (grosse batterie LiFePO4, convertisseur pur sinus, panneaux solaires généreux, chauffage diesel, frigo à compression) se chiffre vite à plusieurs milliers d'euros, là où une installation gaz classique coûte une fraction de ce montant. C'est un investissement qui prend tout son sens si vous vivez dans votre van à l'année et visez l'autonomie.

Quelle batterie faut-il pour cuisiner à l'induction ?

Une plaque à induction tire facilement 1500 à 2000 watts en pleine puissance. Pour cuisiner sans angoisse, comptez au minimum 200 à 300 Ah de batterie au lithium (LiFePO4), un convertisseur pur sinus d'au moins 2000 W et de quoi recharger derrière (solaire, alternateur). Bonne nouvelle : un repas ne dure que quelques minutes à pleine puissance, donc sur la journée la cuisson pèse moins lourd qu'on ne le craint.

Peut-on utiliser une plaque à induction en roulant ?

Techniquement oui, si votre installation le permet (convertisseur et batterie dimensionnés, plaque bien fixée). Mais par sécurité, on évite de cuisiner pendant la conduite, exactement comme avec le gaz. L'idéal reste de cuisiner à l'arrêt, batterie pleine ou panneaux au soleil.

Le chauffage diesel est-il dangereux pour le monoxyde de carbone ?

Un chauffage autonome au diesel correctement installé évacue ses gaz de combustion vers l'extérieur : l'air chaud soufflé dans la cellule ne touche jamais les fumées. C'est même plus sûr qu'une flamme gaz à l'air libre. Sur les modèles premier prix (les fameux chauffages chinois), installez toujours un détecteur de CO par précaution.

Quelle différence entre un frigo à absorption (trimix) et un frigo à compression ?

Le frigo à absorption (trimix) fonctionne au gaz, en 12V ou en 230V, mais il est silencieux, supporte mal la chaleur au-delà de 30 degrés et vide une batterie en quelques heures en mode 12V. Le frigo à compression ne fonctionne qu'à l'électricité, consomme beaucoup moins (environ 30 à 40 Ah par jour), garde sa puissance en pleine canicule et se moque de l'inclinaison. Dès qu'on supprime le gaz, le compression est le seul choix cohérent.

Le tout-électrique tient-il vraiment l'hiver ?

C'est le juge de paix. Par temps gris et froid, les panneaux produisent peu pile au moment où l'on consomme le plus. Le tout-électrique pur en plein hiver nordique, sans rouler ni se brancher, est une équation qui ne tombe pas juste. C'est précisément pour ça que le chauffage diesel change tout : il sort la fonction la plus vorace de la dépendance à la batterie.

Comment avoir de l'eau chaude sans gaz ?

Trois options : un chauffe-eau électrique dédié (Truma Therme, Elgena Nautic) sur le 230V ou la batterie ; un combiné diesel air plus eau (Truma Combi D, Autoterm Flow) qui mutualise le carburant pour le chauffage et l'eau chaude, la solution la plus maligne ; ou de l'appoint (échangeur sur le moteur quand on roule, douche solaire sur le toit, casserole d'eau sur l'induction).

Peut-on contourner l'homologation VASP ?

On vous le déconseille fortement. Rouler avec un véhicule aménagé non conforme à sa carte grise, c'est risquer un refus d'assurance en cas de sinistre, une immobilisation lors d'un contrôle et des soucis à la revente. L'homologation VASP existe aussi pour votre sécurité (ventilation, issues de secours). Mieux vaut la faire correctement, avec ou sans gaz.

Quelle est la différence entre une VASP avec et sans gaz ?

Sur le papier, la mention VASP est la même. La différence est dans le dossier : une VASP avec gaz exige le contrôle de l'installation gaz (et son entretien dans le temps), tandis qu'une VASP sans gaz supprime cette partie. Dans les deux cas, la conformité de l'habitacle (ventilation, issues) reste vérifiée.

Faut-il garder une petite bouteille de gaz en secours ?

Question d'usage. Certains nomades tout-électriques gardent un petit réchaud à cartouche dans un placard, juste pour le jour où la batterie est à plat et le ciel gris. Ce n'est pas un retour au gaz, c'est une roue de secours. Si ça vous rassure pour démarrer, pourquoi pas, quitte à vous en passer une fois la confiance installée.

Pour aller plus loin sur l’énergie à bord, ces trois-là se complètent bien :

PS : depuis qu’on a fait installer le GPL, on a un petit sachet d’adaptateurs, un par pays. France, Portugal, Espagne, Italie, Royaume-Uni. À ce stade, je crois que je collectionne les embouts de remplissage comme d’autres collectionnent les magnets de frigo. Sauf que mon frigo, lui, il est au gaz. Pour l’instant.