Plat de poulpe rôti au four servi avec de la patate douce et une salade de poivron rôti, présenté sur une assiette au restaurant Case de Pasto à Tavira, Algarve.

37 Casa de Pasto : la table bio qui intrigue Rua da Liberdade à Tavira

Xavier 8 min
🍽️ Restaurants Rua da Liberdade, Vila-A-Dentro, Calvário, Tavira (Santa Maria e Santiago), Tavira, Faro, 8800-399, Portugal

Notre avis sur 37 Casa de Pasto : la table bio qui intrigue Rua da Liberdade à Tavira

4
4/5 — Très bien Notre avis

Avantages

  • Une carte courte et travaillee qui donne envie avant meme d'entrer
  • Des produits bio et locaux (les figues viennent de la quinta de la patronne)
  • Des accompagnements vraiment bien executes (patate douce, poivron roti)
  • Un accueil chaleureux, presque familial, et une jolie terrasse

Inconvénients

  • Un tarif pas toujours aligné suivant l'assiette (peu de différence de prix entre une salade et un poulpe)
  • Il y a du monde, donc pensez à réserver

À qui s'adresse ce lieu ?

  • Les couples qui veulent un repas a deux au calme
  • Les amateurs de cuisine soignee et de produits bio
  • Ceux qui privilegient la finesse a la quantite

Une jolie table bio et soignee de Tavira, parfaite a deux quand on vient pour la finesse plus que pour la generosite des portions.

Il y a des adresses qu’on repère avant même d’avoir faim, juste parce qu’elles n’étaient pas là la dernière fois. Le 37 Casa de Pasto, c’est exactement ça : une vitrine toute neuve sur la Rua da Liberdade, à Tavira, et Caroline qui s’arrête net en mode « Ah bah tiens, c’est nouveau ça, non ? Regarde ».

On était en balade tranquille (vous savez, ce moment où on ne cherche rien et où on finit toujours par trouver une table), et cette grande ardoise écrite à la main devant la porte nous a clairement aimantés. Alors forcément, on a fini par s’asseoir.

Une vitrine qu’on n’avait jamais vue Rua da Liberdade

La Rua da Liberdade, on la connaît par cœur maintenant qu’on habite à Tavira (qui reste, soyons honnêtes, notre ville préférée de l’Algarve, au point d’y avoir posé nos valises). Du coup, quand une enseigne apparaît là où il n’y avait rien, on est les premiers à le remarquer.

Et la carte, posée sur sa grande ardoise puis tendue à table, ça accroche immédiatement. Pas un menu attrape-touriste avec quarante plats, non. Une proposition courte, lisible, avec des intitulés qui sentent la cuisine travaillée : des petiscos (les petites assiettes portugaises à picorer), des assiettes de la mer, un peu de viande, deux trois options plus végétales. Le genre de carte qui donne envie de creuser au lieu de réciter.

Pour situer les prix, histoire que vous ne tombiez pas de votre chaise une fois sur place : le poulpe façon maison tourne autour de 12 €, le poulpe au four à 19 €, la salade de figues grillées à 17 €, et les fameuses crêpes de leitão à 7 € les deux. On y revient, parce que ces crêpes méritent leur paragraphe.

Une salle tout en longueur, faite pour les repas à deux

Le resto épouse parfaitement l’architecture du coin : une bâtisse étroite, tout en longueur, comme la plupart des adresses de la rue. À l’intérieur, une enfilade de petites tables de deux de part et d’autre d’un couloir central. On sent tout de suite que l’endroit est pensé pour l’intime, pour le repas à deux ou le petit comité, pas pour la grande tablée qui braille.

Nous, on a choisi la terrasse, quelques tables posées sur le trottoir, tout début juin. Avec ce vent chaud, presque enveloppant, qui donne immédiatement une couleur estivale au repas (le genre de soirée qui te réconcilie avec la vie, quoi).

Côté accueil, on est reçus par une dame d’origine asiatique qui parle portugais, et ça surprend un peu (juste parce qu’on ne s’y attend pas), mais surtout elle est adorable, souriante, présente. Sa fille travaillerait aussi dans le restaurant, et ça donne au lieu une dimension familiale très agréable. La conversation file naturellement vers des trajectoires de vie, des allers-retours entre l’Algarve et le Maroc depuis des années.. bref, on est loin du service mécanique, et c’est précisément ce qu’on cherche.

Le début du repas : les couverts et une drôle de crêpe

On démarre par les couverts, les fameuses entradas (les amuse-bouches d’ouverture qu’on te pose d’office sur la table) typiquement portugaises : olives, carottes confites, beurre, ce petit rituel qu’on adore et qu’on ne refuse jamais. Avec un verre de rouge dessus, l’été est officiellement lancé.

En entrée, on tente les crepes de leitão crocantes com molho da bairrada (crêpes croustillantes de cochon de lait, sauce de la Bairrada). Et là, première surprise : cette crêpe-là, on ne l’avait jamais vue sur aucune carte. D’où la curiosité, forcément.

Caroline imaginait une crêpe plate, à la française. En vrai, c’est plutôt une petite crêpe roulée, presque en forme de cigare, garnie de cochon de lait à l’intérieur. Et dès qu’on attaque la croûte, ça craque franchement sous la fourchette (ce genre de croustillant qui te fait lever les yeux vers l’autre pour valider). La sauce servie à part, une sauce au poivre onctueuse plutôt que liquide, est très bonne. Caroline la trouve picante (piquante), moi je réserve encore un peu mon verdict.. mais clairement, une très bonne petite entrée pour démarrer.

Les plats : le poulpe de Xavier, les figues de Caroline

Pour la suite, retournement de situation au moment de commander : la salade quinoa / chou-fleur / pois chiches que Caroline lorgnait n’est pas dispo. Elle se rabat sur la salada de figos grelhados (salade de figues grillées). Moi, sans hésiter, le polvo no forno (le poulpe au four, mon mètre étalon de l’Algarve, je compare les adresses entre elles, c’est plus fort que moi).

Salade de figues grillées avec fromage frais, herbes et pousses servie dans une assiette blanche sur une nappe claire, au restaurant Case de Pasto à Tavira en Algarve.

La salade de Caroline, c’est une salade de figues rôties sur une base de roquette et d’autres feuilles, avec des amandes légèrement grillées qui apportent ce petit goût toasté très agréable, en contraste avec la fraîcheur végétale. L’assaisonnement est bon, et le fromage de chèvre (et non de la feta) fonctionne vraiment bien. Je craignais que ça bascule dans le trop sucré avec les figues.. eh bien non, c’est équilibré, ça passe tout seul. Détail qui tue : les figues viendraient de la quinta (le domaine agricole) de la patronne. On est clairement sur du produit, du bio, du fait-maison assumé.

Assiette de polvo no forno servie avec de la batate douce et une salade de piment rôti sur une table dressée dans un restaurant à Tavira, Algarve.

Mon poulpe, lui, arrive sous la forme désormais classique : trois tentacules posés sur leur patate douce, avec quelques légumes verts et un poivron rouge à côté. Et c’est là que ça devient intéressant, parce que tout ce qui accompagne le poulpe est franchement très, très bien exécuté. La patate douce est excellente, le poivron rouge fait le job, l’assiette est soignée. Le bémol, c’est le poulpe lui-même : je l’ai connu plus fondant, moins filandreux. Ce n’est pas mauvais (loin de là), mais sur ce point précis, on reste un cran en dessous de ce que j’espérais. Et pour 19 €, on aimerait quand même en voir un peu plus dans l’assiette.

Avec ça, un verre de vin de l’Alentejo, servi en mode « version française » (autrement dit un peu plus mesuré que la générosité portugaise habituelle.. ce qui, au Portugal, est presque un crime, mais bon).

Rapport qualité / quantité / prix : la vraie discussion

Soyons clairs : c’est bon, c’est bien exécuté. Mais la question qui revient, c’est celle de la quantité. L’écart est surtout visible entre le poulpe à 19 € et la salade à 17 €, alors que dans les deux cas on ne parle pas de portions généreuses. Le fond du ressenti, ce n’est pas de dire que l’adresse est ratée (au contraire, elle maîtrise vraiment ce qu’elle fait), c’est plutôt qu’on n’est sans doute pas la cible. Pour repartir sans faim, il faut assez naturellement compter sur la séquence complète entrée + plat + dessert par personne.


Notre addition, pour fixer les idées : 65 € pour deux, avec deux verres de vin chacun.
Eau 1,5 L : 3 € / 4 verres de rouge (Pouca Roupa Tinto) : 14 € / couverts : 5 € / crêpes de leitão : 7 € / salade de figues : 17 € / poulpe au four : 19 €.

La dame du restaurant nous donne un élément d’explication sur place : si les prix sont à ce niveau, c’est que tout est bio / organique. Ça éclaire le positionnement, ce n’est pas juste une table soignée, c’est une adresse qui revendique son sourcing. Autre point relevé : le resto est blindé, complet, donc il trouve sa clientèle sans souci (même si, intuition perso, ce n’est sans doute pas une clientèle de locaux). Et pour relativiser sur les 19 €, soyons honnêtes : le prix du poulpe a sacrément grimpé dans tout l’Algarve ces dernières années (paradoxe quand on sait qu’on est un peu la capitale du poulpe par ici, mais bon, c’est comme ça). Du coup, 19 € pour un polvo, c’est devenu un tarif assez moyen dans le coin, ni cadeau ni scandale. Ce qui fait vraiment la différence d’une adresse à l’autre, ce n’est plus tellement le prix : c’est la quantité dans l’assiette et la qualité de l’exécution.

Infos pratiques


: Rua da Liberdade, Tavira (Algarve, Portugal). Le numéro exact est à préciser, mais c’est l’enseigne « 37 » impossible à rater une fois dans la rue.
Type : restaurant, cuisine portugaise soignée, produits bio et locaux.
Budget : environ 30 à 35 € par personne pour entrée + plat + un verre de vin.
Ce qu’on en retient : une vraie cohérence entre le lieu, la carte et l’assiette, à condition de venir pour la finesse plutôt que pour la quantité.
Visite : début juin, en terrasse.

Ce qu’on en retient

Au final, le 37 Casa de Pasto donne moins l’impression d’un resto de passage que d’une vraie petite adresse cohérente, du lieu jusqu’à l’assiette. On n’est probablement pas son cœur de cible (on aime quand ça déborde un peu, qu’est-ce que vous voulez), mais si vous cherchez une table à deux, soignée, bio, dans une jolie rue de Tavira, vous serez très bien là.

Et tant qu’à explorer les tables de Tavira, on vous a aussi raconté nos autres adresses du coin, dans des registres complètement différents :

Destination

Sushi na Gaveta

Anciennement bar à cocktails, le lieu a connu une véritable métamorphose. Son propriétaire, Marcio, est déjà bien implanté à Tavira avec plusieurs établissements reconnus : Come na Gaveta Churrasqueira na...

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PS : oui, j’ai encore comparé le poulpe avec tous les autres poulpes de l’Algarve. Non, je ne me soignerai pas. Caroline a renoncé à m’en empêcher.