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Écosse & UK

Édimbourg et les Lowlands, la première claque

Et bien, on est arrivés en Écosse par les Pays-Bas, pas par le tunnel comme tout le monde, et notre première vraie ville ça a été Édimbourg, l’architecture gothique qui te tombe dessus, le vélo de 15 minutes qui grimpe (on l’a senti passer), Greyfriars Bobby et son cimetière soi-disant hanté bondé de monde, Arthur’s Seat à 251 mètres pour la vue, et un haggis qui nous a laissés un peu sur notre faim à la Greyfriars Tavern. Petit détail qui va vous servir : l’appli de parking a refusé notre carte bleue française, et la SIM O2 100 Go nous a coûté 30£, autant le savoir avant de galérer comme nous.

Un peu plus loin, on a fait Glasgow, mais nous c’était plutôt une étape sociale chez une amie de Caroline dans le West End, l’université néo-gothique magnifique, le Waxy O’Connor’s tout en boiseries avec son arbre de vie en bois géant, l’Òran Mór (une ancienne église victorienne transformée en bar à cocktails, l’Écosse fait ça très bien), et surtout les moules piquantes du Stravaigin qui restent, de tous les restos qu’on a faits au UK, notre palme absolue. Petit bémol vanlife : galère de vidange, une nuit en camping de périphérie obligatoire.

Le Fife et la côte est, entre golf et falaises rouges

La côte est c’est le sas de décompression avant l’Écosse sauvage, et St Andrews en est le symbole, le berceau mondial du golf avec des boutiques à chaque coin de rue, les ruines majestueuses de la cathédrale, l’université de Prince William et Kate Middleton, et un bivouac au port réveillé à 6h par les mouettes (rien de tel pour commencer la journée). Pour tout le secteur, notre guide du Fife regroupe les étapes.

Juste au-dessus, on a eu un vrai coup de coeur pour Arbroath, ancien plus grand port d’Écosse, avec ses falaises rouges qu’on rejoint en vélo par un sentier facile, ses oeufs d’alien dans les algues et ses Écossais qui se baignent dans une eau gelée sans broncher. Un peu plus au sud, Stirling, l’ancienne capitale où Wallace est absolument partout, nous a aussi offert notre première grosse galère : la clé d’Édouard qui lâche pile un jour férié, garages fermés, plus la triple tuile GPL et vidange (les joies du camping-car, on vous jure).

L’Aberdeenshire, châteaux, Balmoral et Highland Games

On garde un souvenir énorme du château de Dunnottar près de Stonehaven, perché sur une falaise de 440 millions d’années, là où les joyaux de la Couronne écossaise ont été planqués avant d’être bombardés par Cromwell, avec des phoques à marée basse en prime. Le ticket à 19£ pique un peu, mais franchement Dunnottar c’est incontournable, Stonehaven en soi restant plus modeste.

Plus haut, on a calé notre passage à Ballater sur les Highland Games, trois nuits garés face à l’église, et là c’est cornemuses qui s’accordent au loin, cortège collectif, lancer de troncs d’arbre avec rotation, course en sac et un débouche-toilette de 120 kg qui balance des poteaux, un mélange de fête foraine et d’Intervilles version clans. Pour comprendre l’ambiance je vous renvoie à notre article sur les Highland Games d’Écosse. Juste à côté, le parc national des Cairngorms nous a offert une aire de service à la ferme avec Jimmy l’âne à crête, un bouc, des lamas, et un crochet par Balmoral où la reine était présente ce week-end-là (deux gardes armés nous ont quand même laissés filmer, sympa).

Inverness, la NC500 et le grand nord

À Inverness, la capitale des Highlands, on a adoré marcher le long de la rivière Ness, mais c’est aussi là qu’on a vécu notre plus belle boulette : le drone envolé dans le Loch Ness, jamais récupéré, toutes les images de la journée perdues sauf les fichiers basse résolution déjà synchro sur nos téléphones. Le remplaçant racheté sur place nous a coûté 30% de plus à cause du taux euro/livre, comptez ça sur toute l’électronique au UK.

Ensuite c’est la NC500, cette boucle mythique du nord, avec Wick et son restaurant français au bord du port où on a mangé un suprême de faisan après un mois et demi sans cuisine de chez nous, puis John o’Groats, le bout du monde qui nous a rappelé Sagrès au Portugal, cette sensation d’être au bord de tout. La portion vers Durness et Tongue reste la plus spectaculaire de tout le séjour, spot secret dans un cimetière, plage de Sangomore comparable à l’Algarve, et une météo qui te fait quatre saisons en trois minutes.

La côte ouest sauvage, le repas qui a tout changé

La côte ouest, c’est le brut, le frais et le moins cher qu’à l’est, et notre étape charnière ça a été Lochinver, où dans un petit café on a englouti langoustines, moules bombe atomique et fish cakes, avant qu’un couple de Français habitués (leur 5e visite) nous parle de leur ami Willy, peintre à Harris, et nous conseille la fameuse cabane à poisson d’Ullapool. Sans eux, tout le reste du voyage aurait été différent.

Du coup on a filé à Ullapool, sur pure recommandation, et le Seafood Shack nous a servi le meilleur fish and chips qu’on ait jamais mangé, wraps au haddock fumé, soupe, pâté, on a eu les yeux plus gros que le ventre. On a posé Édouard trois jours au bord du Little Loch Broom pour souffler, sauf que les midges nous ont carrément coincés à l’intérieur pendant des heures, moustiquaire de tête obligatoire dès qu’on sortait.

Skye et les îles, entre désillusion et pépites

Alors l’île de Skye, soyons honnêtes, ça a été notre grosse déception, après un mois de Highlands désertes on a retrouvé un lieu de pèlerinage piétiné, les Fairy Pools bondées et gadouilleuses, Kilt Rock réduit à un filet d’eau à cause de la sécheresse. On s’est même posé le paradoxe du créateur : faut-il vraiment montrer ces lieux saturés ? Au milieu de tout ça, Portree a été la belle surprise, ses maisons colorées de Quay Street, son port qui sent le poisson et pas le yacht, et une bouteille de gin local primé rapportée en souvenir.

Puis on a embarqué au ferry d’Uig vers les îles de Harris, la clôture émotionnelle de notre road-trip, une plage digne de la Thaïlande où on a piqué une tête tout nu sans personne à l’horizon, et surtout la mission Willy, ce peintre malade qu’on n’a finalement jamais pu rencontrer, à qui on a juste déposé une bouteille à sa galerie. On a appris son décès bien plus tard sur Facebook, et au retour du ferry, comme un clin d’oeil, on a enfin vu des dauphins en pleine mer.

En van en Écosse, concrètement

Côté pratique, il faut savoir un truc génial : le camping sauvage est légal en Écosse, contrairement au reste du Royaume-Uni, grâce au Scottish Outdoor Access Code, donc on a pu dormir dans des spots incroyables face à la mer sans stresser, du moment qu’on restait discrets et propres. C’est ça qui rend un road-trip vanlife écossais aussi libre.

Pour le reste, prévoyez large : les single-track roads avec leurs passing places demandent un peu de sang-froid au volant, la météo peut vous offrir quatre saisons en une heure même sous canicule, et les midges sont un fléau redoutable près des lacs et des tourbières en été, répulsif et moustiquaire de tête non négociables. Ajoutez le taux euro/livre qui gonfle tout d’environ 30%, les frais de service de 20% sur les campings, et vous partez sans mauvaise surprise.

Voilà, l’Écosse c’est un peu tout ça à la fois pour nous, la pluie et le soleil, les galères d’Édouard et les repas inoubliables, les foules de Skye et le silence du grand nord, et cette gentillesse des gens croisés en route qui a fini par écrire une bonne partie du voyage à notre place. On y retournerait demain, midges compris.